La directrice de l’école communale de Strépy-Bracquegnies, où Christine Chavrepierre enseignait, a dressé le portrait d’une femme passionnée par son métier. « Elle était très professionnelle, toujours prête à lancer des projets pour le bien-être des enfants. C’était la joie de vivre, quelqu’un de dynamique, avec un franc-parler assumé », a-t-elle confié avec émotion. Son absence reste omniprésente au sein de l’établissement. « Parfois, j’ai encore l’impression qu’elle va franchir la porte. »
Son état s’est aggravé
Jean-Philippe, infirmier en chef dans la maison de repos et de soins où la victime a séjourné à partir de septembre 2023, a détaillé la lente dégradation de son état de santé. Après un passage dans un centre spécialisé en neurologie, Christine Chavrepierre conservait encore quelques capacités limitées. « Elle pouvait répondre par oui ou par non, faire quelques pas, mais sans pouvoir éviter un obstacle. Elle n’était plus capable de manger seule », a-t-il expliqué.
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Au fil des mois, son état s’est toutefois considérablement aggravé. L’institutrice a subi plusieurs opérations du crâne, dont une dernière en avril 2024. « Après cette intervention, toute communication est devenue impossible. Son état général était très mauvais. Elle a multiplié les infections et ne répondait plus aux antibiotiques », a poursuivi le soignant.
Selon lui, la victime semblait parfois pleurer sans pouvoir exprimer ce qu’elle ressentait. « Elle a dû souffrir physiquement et moralement », estime-t-il, évoquant également la détresse de ses proches, constamment confrontés à l’incertitude quant à son niveau de conscience.
Ses filles
Les deux filles de Christine Chavrepierre, Élodie et Amandine, ont ensuite été entendues ensemble. L’une d’elles s’est remémoré l’appel annonçant que sa mère avait été grièvement blessée lors du drame. Souffrant d’un important traumatisme crânien, de multiples fractures et testée positive au Covid, la victime a traversé une longue descente aux enfers.
Élodie a expliqué que Christine avait, à plusieurs reprises, manifesté son envie de mourir, avant d’être confrontée à de nouvelles opérations et à une infection urinaire. « Ces deux ans et demi ont été très difficiles à vivre. On ne savait pas s’il fallait la garder avec nous ou la laisser partir », a-t-elle raconté. Psychologue de profession, la jeune femme dit avoir été profondément affectée mentalement. « J’ai l’impression d’être dans un cauchemar dont je n’arrive pas à me réveiller. »
Amandine a expliqué avoir vécu l’hospitalisation de leur maman de manière différente. Les deux filles lui chantaient sa chanson préférée, celle diffusée, à l’audience. Les 58 ans de Christine ont été fêtés dans le couloir de l’hôpital, alors qu’elle était dans le coma. « Une fois sortie du coma, elle chuchotait qu’elle voulait mourir », dit-elle.
Son papa, les voyages, la fête
La jeune femme a expliqué à la cour le lien fort entre Christine et son papa, alors nonagénaire, dont elle s’est très bien occupée.
Christine adorait voyager et s’intéressait à l’enseignement dans les autres pays. Elle était d’ailleurs marraine de deux petits Sénégalais pour qu’ils puissent rester à l’école. Elle s’y est rendue, pour la dernière fois, en 2021.
Enfin, Christine avait le sens de la fête, raison pour laquelle elle s’était levée tôt le 20 mars 2022, alors qu’elle aimait plus tôt rester dans son lit un dimanche matin, selon sa fille.
Les deux filles ont sombré dans la dépression et l’alcool, et ont été hospitalisées. Elles ont diffusé une dernière vidéo où l’on voit Christine en revalidation. Ce n’est plus la pétillante quinquagénaire aux yeux bleus éclatants mais une vieille dame à qui on réapprend les gestes simples de la vie…