En 32 images qui traversent tout le spectre colorimétrique, des tons les plus sombres jusqu’aux plus lumineux, Michel d’Oultremont met à l’honneur les mésanges, pigeons ramiers, renards, blaireaux et autres martres des pins qui peuplent nos forêts.

« Cette exposition fait la synthèse de vingt années de photographie. J’ai choisi les images que je trouve les plus abouties, et pas forcément celles qui montrent les animaux les plus rares, car je veux montrer que le beau est partout », explique celui qui se définit comme un passionné de la nature avant d’être un photographe.

Geoffrey Meuli, photographe, nous parle de ses « spots » préférés

« Derrière chaque photographie, il y a d’abord un travail de naturaliste. Je me renseigne sur l’animal que je veux photographier, je repère ses empreintes, j’essaye de reconstituer son itinéraire et puis j’attends qu’il apparaisse. Mon but est de ne pas déranger les animaux car eux, ça leur est égal d’être exposés à Villers-la-Ville ou ailleurs et pour éviter de les déranger, je n’ai pas le choix : je dois bien les connaître. Le reste, c’est de l’attente. Ce sont les animaux qui choisissent où ils vont. Moi je suis dépendant de leur volonté. »,

La plupart de ses photographies ont ainsi nécessité de longs moments de patience. « Je passe la journée dans un affût, qui est juste un amas de branches, et je sors la nuit. Je me positionne en fonction du vent pour ne pas être repéré. C’est un vrai jeu de cache-cache et parfois, les heures passées dehors se transforment en jours ou en semaines. Alors quand la lumière est là et que l’animal apparaît juste au bon endroit, cela me procure toujours beaucoup d’émotion et j’oublie les heures passées à attendre », s’enthousiasme-t-il.

Rencontre marquante avec un chat sauvage

Michel d’Oultremont se remémore ainsi avec une émotion particulière sa rencontre inattendue avec un chat sauvage, un animal particulièrement discret. « Il s’est arrêté à un mètre de moi et semblait curieux. Il est resté là pendant pratiquement une heure, à jouer à côté de mon appareil photo. C’était magnifique. »

Robert Doisneau, photographe illustrateur

Mais la démarche du photographe n’est pas qu’esthétique. En mettant en avant la beauté des espèces sauvages, il espère aussi contribuer à leur protection. « Je ne suis pas un militant, mais si mes photographies peuvent changer le regard des gens sur la nature et leur donner envie de la protéger, alors j’ai tout gagné. À titre personnel, j’ai acheté quelques hectares de forêt pour laisser la faune et la flore tranquille. Si tous ceux qui ont les moyens de le faire s’y mettent également, il y aura moyen de créer tout un petit réseau d’espaces naturels préservés », déclare le Brabançon.

Il n’est donc pas étonnant que Michel d’Outrelmont fustige les photographies d’animaux peu respectueuses de leur bien-être que l’on voit fleurir sur les réseaux sociaux.

« C’est le côté malsain des réseaux sociaux. Certains photographes font des bêtises avec la faune pour faire le buzz. Il y en a qui n’hésitent pas à congeler des insectes qu’ils vont ensuite déposer sur une fleur, pour qu’en dégelant, l’insecte donne l’impression d’être entouré de rosée. Il y en a aussi qui collent des amphibiens sur des plantes pour qu’ils restent bien immobiles et d’autres qui n’hésitent pas à déranger les animaux sauvages pour leurs prises de vues. Il faut mettre un stop à ces pratiques », alerte-t-il.

Quand la photographie se cherchait