La metformine est utilisée depuis des décennies pour traiter le diabète de type 2. Des études épidémiologiques ont également laissé voir qu’elle pourrait réduire le risque de cancer, et des études sur des animaux l’ont associée à une augmentation de la durée de vie. Pourtant, jusqu’à présent, les scientifiques ignoraient comment ce médicament remarquable agissait réellement.
Dans leur étude, Gerardo Ferbeyre et ses collègues de l’UdeM, la professeure de chimie Andreea-Ruxandra Schmitzer et le professeur de pharmacie Simon-Pierre Gravel (également chercheur principal à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’UdeM), désignent l’ATP5I comme une nouvelle cible directe de la metformine.
L’ATP5I fait partie de l’ATP synthase F1Fo, l’enzyme mitochondriale essentielle chargée de produire l’ATP, la principale source d’énergie de la cellule. L’ATP5I n’est pas à l’origine de l’activité catalytique de l’ATP synthase elle-même, mais elle semble contribuer à l’assemblage et à l’organisation de l’enzyme.
Cette hypothèse a été testée par l’équipe de l’UdeM dirigée par le doctorant Guillaume Lefrançois, premier auteur de l’étude.
Au cours d’une série d’expériences, l’équipe de recherche a créé des modèles cellulaires dépourvus d’ATP5I et constaté que ces cellules devenaient résistantes à la metformine. Mais lorsque l’ATP5I a été réintroduite, la sensibilité au médicament est revenue.
Cette découverte ouvre une nouvelle perspective sur la manière dont la metformine pourrait influencer le métabolisme énergétique, la biologie du cancer, le vieillissement et le diabète, ont déclaré les scientifiques.