L’enquête judiciaire menée à Anvers pour soupçons d’exercice illégal de la médecine par des circonciseurs rituels (mohels) « a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par un membre de la communauté juive elle-même, concernant une pratique médicale spécifique », recadre M. Prévot.
« Pendant ce temps, des dizaines de milliers de circoncisions rituelles sont pratiquées légalement en Belgique chaque année, sans aucune interférence. Présenter cela comme une persécution de la vie juive est une déformation des faits », dénonce-t-il.
Le vice-Premier ministre belge y voit une tendance plus large. « Vous avez pris les craintes réelles de personnes réelles et les avez transformées en argument contre la politique étrangère de la Belgique. Les Juifs belges méritent toute notre protection. Ils ne méritent pas d’être utilisés comme levier dans un différend sur le droit international. »
À la suite d’un accord gouvernemental en septembre dernier, la Belgique a suspendu les services consulaires pour les citoyens belges établis dans des colonies israéliennes, que la Cour internationale de justice a déclarées illégales.
La sortie de Bill White sur l’antisémitisme en Belgique prend une ampleur diplomatique inédite
« Et ne soyons pas naïfs quant à ce qui se passe réellement ici. Depuis que la Belgique a choisi de condamner fermement toutes les violations du droit international, certains dirigeants israéliens mènent une campagne de confusion, assimilant délibérément nos positions juridiques fondées sur des principes à de l’antisémitisme. Ce discours est faux », martèle Maxime Prévot.
Le ministre répète aussi la fierté de la Belgique d’abriter « l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe ». Il rappelle les actions engagées par les autorités pour protéger cette communauté de l’antisémitisme, combattre le négationnisme et perpétuer la mémoire de l’Holocauste. « Est-ce suffisant ? Tant qu’un seul Belge juif ne se sent pas en sécurité en se rendant à la synagogue, nous avons du travail à faire. Nous assumons cette responsabilité chaque jour », dit-il encore.