Le message initial, vieux de 10 ans.Le message initial, vieux de 10 ans.Le message initial, vieux de 10 ans. ©DR

Dans ce message vieux de dix ans, Audrey Chabotier proposait de prêter une robe à la styliste pour un shooting à Paris. Amusée, Séverine Mawet répond, s’excuse pour le retard et propose à son tour de prêter une robe à la mannequin, si l’occasion se présentait un jour. La réponse ne tarde pas : Audrey Chabotier s’apprête à monter les marches du Festival de Cannes.

L'échange entre la créatrice et la mannequin.L'échange entre la créatrice et la mannequin.L’échange entre la créatrice et la mannequin. ©DRUne robe créée en quelques semaines

Tout s’enchaîne alors très vite. Un mois plus tard, la mannequin a besoin de la tenue. Deux essayages ont lieu à Namur, le second quelques jours avant le départ. Séverine Mawet avait déjà entamé la création d’une robe qui, selon elle, conviendrait à l’événement. Elle en avait par ailleurs besoin pour son propre défilé au Casino de Namur, le 9 mai. La styliste a donc trouvé un autre mannequin aux mensurations identiques à celles d’Audrey Chabotier, de façon à faire servir la même robe aux deux événements.

La robe en question.La robe en question.La robe en question. ©DR

« Au niveau de la matière, c’est une mousseline avec des effets plumes, avec des filaments qui donnent vraiment l’impression qu’il y a des plumes dessus », détaille la créatrice. « C’est un graphisme de plumes de paon dans les tons lilas, sur un fond blanc. Et par-dessus, des lignes noires un peu asymétriques qui viennent accentuer le décalage entre le noir et le blanc. Le lilas ressort assez bien sur le fond blanc. » Une dizaine d’heures de travail ont été nécessaires. Audrey Chabotier, à qui la styliste avait envoyé une photo du tissu à l’avance, a tout de suite apprécié le modèle.

La mannequin a pris l’avion le 11 mai, la veille du début du festival, profitant de l’occasion pour s’installer à Nice, où elle comptait emménager depuis un certain temps. Représentée par un agent niçois, elle entend défendre les créateurs belges dans le sud de la France.

« Sa démarche, c’était vraiment de mettre en avant les créateurs belges », explique Séverine Mawet. C’est le vendredi 15 mai qu’Audrey Chabotier a porté la robe pour une première montée des marches au Palais des Festivals, avec la volonté de promouvoir les petits créateurs, qui ont selon elle tout autant leur place sur le tapis rouge que les grandes maisons. Quelques jours plus tôt, la tenue avait déjà servi pour un shooting photo, dont les clichés ne sont pas encore parvenus à la styliste.

Le retour d’une passion

Derrière cette anecdote, il y a le parcours d’une créatrice qui renoue avec son métier. Diplômée styliste-modéliste de la Haute École Francisco Ferrer à Bruxelles en 2002, Séverine Mawet, 45 ans, avait lancé son activité en 2005. Elle l’a exercée jusqu’en 2015, avec à l’époque une boutique avec pignon sur rue à Andenne, spécialisée dans la robe de mariée et de cérémonie. Puis vient une pause de dix ans, sans jamais vraiment abandonner la couture. Pendant le confinement, elle se lance dans un projet de kimonos. En parallèle, elle devient enseignante en habillement pour adultes, métier qu’elle exerce depuis 2018.

Séverine Mawet, styliste.Séverine Mawet, styliste.Séverine Mawet, styliste. ©DR

C’est en novembre dernier qu’elle a officiellement relancé son activité de stylisme. Le début d’année a été riche : deux défilés en mars et en mai, puis cette montée des marches à Cannes. « Une pause de dix ans, c’est difficile pour vraiment se relancer et pour que les clients reviennent », reconnaît-elle. « Mais les rendez-vous commencent à s’ouvrir. C’est vraiment le tout début. » Séverine Mawet reçoit ses clientes à son domicile d’Andenne. Son atelier est joignable via le site severinem.be et les réseaux sociaux, sous le nom Atelier Séverine M.