Ce qui a de quoi surprendre puisqu’on évoquait dans nos pages en avril un rapprochement entre la liste du bourgmestre Emir Kir et le MR, qui avait recruté un énième proche du mayeur tennoodois. « Il y a un respect mutuel avec Emir Kir », avait même assumé Georges-Louis Bouchez. Et pourtant, un mois plus tard, les libéraux ont « lâché en haute mer » l’ex-socialiste. C’est ce qu’a glissé une source gouvernementale à notre journaliste. Quand il a été question de choisir entre les nouvelles amitiés de son président de parti et les finances de la Région, le ministre-président n’a pas hésité. « Le gouvernement veut éviter de garder Saint-Josse dans une situation de dopage qui lui aurait permis de continuer à emprunter pour maintenir virtuellement son train de vie », a poursuivi la même source. Le principal intéressé n’a pas tenu à réagir à nos informations dans un premier temps, mais a fini par s’exprimer au micro de BX1. « La situation a changé. Le déficit s’est réduit », a-t-il affirmé, expliquant avoir été reçu en urgence par M. Dilliès, ce mercredi. « Le MR a été attentif à nos demandes. » Mais il n’en reste qu’aucune bouée n’a été proposée au bourgmestre de Saint-Josse au terme de ces discussions. La mise sous tutelle a été enclenchée par le gouvernement bruxellois, ce jeudi 28 mai. Emir Kir est donc plus seul que jamais au milieu d’une eau particulièrement agitée.
Le poison clientéliste
Le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir, a connu une semaine mouvementée. ©Belgaimage2) Un grand pas en avant pour le gouvernement De Wever : « Ils ont osé ! »
« Ils ont osé ! », écrit Paul Magnette, ce vendredi 29 mai, sur ses réseaux sociaux au sujet du gouvernement De Wever. Mais qu’a entrepris l’Arizona, dans la nuit de jeudi à vendredi, à la Chambre ? Le Premier ministre a-t-il dansé sur le pupitre du Parlement ? Les ministres Clarinval et Prévot se sont-ils mis à entonner le dernier album de Paul McCartney ? Non, rien de tout ça. Ce qui a fait bondir le président du PS, c’est le vote de la loi-programme qui a enfin pu avoir lieu. Après plusieurs tentatives infructueuses et quelques renvois au Conseil d’Etat, le gouvernement a réussi à faire passer la série de mesures que comprend son fameux texte. Et parmi celles-ci, la controversée indexation limitée des salaires. Tant l’opposition que les partenaires sociaux étaient vent debout contre le « centenindex ». Le groupe des 10 avait même réussi à se mettre d’accord (chose rare) sur une alternative, déposée sur la table de l’exécutif fédéral. Et aussitôt mise à la poubelle par M. De Wever. Donc, du côté des partenaires sociaux, l’on s’indigne également, ce vendredi. La FGTB parle d’une « erreur historique », la FEB d’une « profonde déception ».
Mais, dans les rangs de la majorité, l’heure est au soulagement. Même si chacun sait qu’il ne sera que de courte durée. De difficiles négociations budgétaires attendent à présent les partis de l’Arizona. « Assainir, ce n’est pas une promenade de santé », a déjà mis en garde le locataire du « 16 », qui évoque des mesures « qui ne seront même pas soutenues par 20% de la population ». Pour éviter que les discussions ne s’éternisent, Georges-Louis Bouchez (MR) a déjà suggéré… d’enfermer les participants aux négociations. « Je propose que l’on reparte dans un format comme celui de l’Ecole militaire, avec les présidents de parti », a lancé le leader libéral, faisant référence au conclave qui a donné naissance à l’Arizona en janvier 2025. Le Montois a dit vouloir éviter le « cinéma habituel », avec « des présidents de parti qui contestent l’une ou l’autre mesure ». Et une chose est sûre: il sait de quoi il parle !

Le Premier ministre Bart De Wever a enfin réussi à faire passer sa loi-programme. ©Belgaimage3) Les messages Whatsapp qui ont mis le feu aux poudres dans le dossier du Foyer anderlechtois
Si l’affaire du Foyer anderlechtois dégageait déjà une odeur nauséabonde (le Parquet a d’ailleurs ouvert une enquête dans la foulée de la diffusion du reportage de la VRT), les messages sur lesquels La Libre a pu mettre la main ont achevé de tuer notre odorat. Ce lundi, nous vous dévoilions des captures d’écran de la discussion Whatsapp de Lofti Mostefa avec sa secrétaire. Dans ces échanges, le président du Foyer anderlechtois laissait entendre clairement que l’obtention d’un logement dépendait de sa bonne volonté et de ce que la personne pouvait lui apporter en retour d’un point de vue électoral. Les révélations ont suscité une nouvelle vague d’indignation. Pourtant, du côté du PS, on refuse de blâmer le principal concerné. Le président du parti, Paul Magnette, est lui-même monté au créneau pour défendre Lofti Mostefa: « Jamais un élu ne peut décider seul », a-t-il argumenté. Même son de cloche du côté de Karine Lalieux, secrétaire d’Etat bruxelloise au Logement, qui a ajouté que « cette affaire était instrumentalisée pour décrédibiliser le logement social ».
Mais les partenaires de majorité des socialistes à Bruxelles ne l’entendent pas de cette oreille. De leur côté, c’est plutôt le branle-bas de combat. En particulier pour les libéraux flamands, qui ont menacé de tout bonnement quitter le gouvernement si une commission d’enquête parlementaire ne voyait pas le jour. Autant dire que l’ambiance n’est pas au beau fixe au sein de l’exécutif de la capitale. Réunis en conseil du gouvernement ce jeudi, les ministres ont tenté coûte que coûte de défendre leur point de vue. Sans qu’aucune partie ne l’emporte. Chacun attend donc le verdict du vote crucial de ce lundi 1er juin sur la commission d’enquête qui pourrait être mise en place dans la foulée. Avec potentiellement une chute du gouvernement si cela n’était pas le cas ? « L’hypothèse est peu probable », explique notre journaliste Adrien de Marneffe. En attendant, les témoignages continuent de pleuvoir dans le dossier. Encore ce vendredi 29 mai dans La Libre, une échevine anderlechtoise libérale accuse Lofti Mostefa d’avoir tenu, lors d’une réunion, des propos « indignes à caractère menaçant » envers plusieurs membres du Collège. « Ce qui relevait déjà d’un climat délétère a pris la forme d’une pression ouverte et profondément inquiétante », a-t-elle alerté à travers une lettre adressée au Bourgmestre et au Collège communal d’Anderlecht, dans laquelle elle a même mentionné des « mouvements suspects » autour de son domicile.
Une confusion inadmissible
Lofti Mostefa, le président du Foyer anderlechtois, est accusé de clientélisme.