Une saison sans histoire
Racheté en mars 2024 par le patron de la SRL Nautic Loisirs Bernard Schorkops, le ponton a été amarré pendant toute la saison 2025 quai des Chasseurs Ardennais, avec l’accord de la Région wallonne et de son concessionnaire la Ville de Namur. C’est cette structure qui permet d’embarquer facilement sur les bateaux de croisière de Nautic Loisirs. D’avril à octobre 2025, le ponton a clapoté ainsi gentiment, avec quelques tables pour accueillir le chaland.
Fin 2025, Nautic Loisirs prépare la saison 2026. Ouverture prévue le 4 avril. C’est là que ça devient kafkaïen.

Bernard Schorkops, patron de Nautic Loisirs: « Je me suis demandé si je ne devenais pas parano… » ©Base légale ? Nada…
Le ponton passe l’hiver amarré à l’écluse des Grands Malades. C’est la Région qui impose cet hivernage. Bernard Schorkops ne discute pas. En octobre, il transmet une étude d’amarrage réalisée par le bureau Unit, spécialisé dans l’ingénierie en stabilité, pour attester que les conditions de sécurité sont bien remplies pour l’hiver.
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Ces règles sortent de nulle part. Aucune législation n’existe pour une structure flottante.
Mais de nouvelles obligations vont pleuvoir. L’ingénieur chef de district des Voies hydrauliques de Namur demande une révision de la note de calcul. En décembre, un certificat de jaugeage est exigé ainsi qu’un nouveau rapport technique d’amarrage.
Bernard Schorkops se demande dans quel jeu on joue. Mais il s’exécute. « Ces règles sortent de nulle part, précise son avocat, Me David Lefevre. Aucune législation n’existe pour une structure flottante, hormis un devoir général de vigilance ».
Ce n’est pas terminé…
Cale sèche
En février 2026, à deux mois de l’ouverture de la saison, Bernard Schorkops apprend que l’ingénieur chef de district a consulté la Direction de la Réglementation et du Contrôle des Voies Hydrauliques établie à Liège. Une nouvelle exigence est née de cette consultation : le ponton doit être mis en cale sèche pour inspection complète.

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Fin avril, le deuxième rapport technique de Loisirs Nautics est recalé. « Incomplet ». Bernard Schorkops ne reçoit pas le courriel. Contrairement à la Ville de Namur qui décidera frileusement le 18 mai de retirer à l’entreprise l’autorisation d’occupation quai des Chasseurs Ardennais.
Exaspéré, le patron de Nautic Loisirs se perd en conjectures. « C’est surréaliste. Je me suis demandé ce que j’avais fait. Ou si je ne devenais pas parano. »
« Abus de droit »
Saisi en référé par l’entreprise, le tribunal de 1re instance de Namur vient de rendre son ordonnance.
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C’était « pour tenter, en vain, de justifier les véritables abus de droit posés – avec entêtement – par un fonctionnaire visiblement désireux d’empêcher la société Nautic Loisirs d’exercer sans encombre ses activités »
« Les différents courriels contenant des exigences supplémentaires à remplir ne reposent sur aucune base légale », indique la présidente Manuela Cadelli. Son ordonnance évoque des « impératifs dictés par un ingénieur de la Région wallonne ». « Il a fallu faire des recherches pour trouver une base légale aux exigences émises. Voilà qui s’apparente à une voie de fait administrative. »
Et si la Région a dû littéralement ramer pour exhumer (il y a seulement 3 jours, note le tribunal) un arrêté du gouvernement wallon peu convaincant comme base réglementaire, c’était « pour tenter, en vain, de justifier les véritables abus de droit posés – avec entêtement – par un fonctionnaire visiblement désireux d’empêcher la société Nautic Loisirs d’exercer sans encombre ses activités dès l’entame de la saison 2026 », notera la juge.
À propos de sécurité
La Région est donc priée de délivrer illico le sésame – le certificat de jaugeage – sous peine d’astreinte.
C’est l’argument de la sécurité qui a été brandi par la Région, notamment pour exiger de mettre le ponton en cale sèche afin d’en inspecter les flotteurs.

©EDA
On peut regretter au passage qu’elle n’ait pas été aussi sourcilleuse sur d’autres dossiers. Comme l’entretien et la mise en conformité de ses cabines électriques liées aux voies hydrauliques. Pour rappel, le manque de suivi de ces cabines basse et haute tension avait provoqué la mort d’un jeune Gembloutois, Pablo Spinewine, électrocuté en 2020.