Des nouveaux biomarqueurs

Alors que le diagnostic de SEP a profondément évolué en vingt ans, grâce aux progrès de l’IRM, à des critères plus précis et à l’émergence de nouveaux biomarqueurs, il est désormais possible d’identifier la maladie beaucoup plus tôt. Donc d’entreprendre le traitement au plus vite afin de préserver au maximum les fonctions neurologiques.

« Quand l’ophtalmologue a prononcé ce mot, je me suis effondrée. Puis, elle m’a donné une leçon extraordinaire »

Le diagnostic de la SEP repose en grande partie sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM), rappelle-t-on aux Cliniques Saint-Luc, où « de nouvelles séquences d’imagerie avancée ont été intégrées en routine afin d’identifier la présence d’un marqueur diagnostique (signe de la veine centrale) ou pronostique (anneaux paramagnétiques). Ces marqueurs améliorent la spécificité du diagnostic et fournissent des indications sur le risque de progression ».

En parallèle de l’imagerie, les équipes s’appuient également sur un marqueur sanguin : les neurofilaments. « Ces protéines, libérées lors de la dégradation des neurones, permettent de mieux suivre l’activité de la maladie et la réponse au traitement ».

Un registre national en cours

Toujours au niveau du diagnostic, l’apport de l’intelligence artificielle est loin d’être anodin. « En analysant images médicales et données cliniques, l’IA ouvre la voie à une neurologie de précision : diagnostic affiné, traitements personnalisés, anticipation plus fine de l’évolution de la maladie, explique Charles van der Straeten, président de la Ligue nationale belge de sclérose en plaques. Il regrette cependant que « notre pays, pourtant performant au niveau de la recherche, a accusé du retard dans le domaine de la collecte systématique de données et l’absence d’un registre national structuré de la sclérose en plaques. Un tel outil permettrait en effet de mieux suivre les patients, mesurer l’impact réel des traitements, soutenir la recherche et guider les politiques de santé ».

Mais le président de la Ligue se console : « Les préparatifs sont en cours » et « même si la SEP n’est toujours pas guérissable, les perspectives ont rarement été aussi encourageantes ».

« Ma fille s’est peut-être sentie rejetée quand elle est née. Je lui expliquerai quand elle sera plus grande et je m’excuserai 50.000 foisUne appli pour les patients auto-immuns

Atteinte de SEP, Charline d’Oultremont, elle, n’a pas attendu pour concevoir, avec son amie Céleste Cockmartin, BuddyRise, l’assistant IA de santé dédié aux patients auto-immuns. « J’ai passé trois ans à noter quasiment chaque variable de ma vie pour comprendre ma propre maladie, explique la jeune femme. J’ai fini par atteindre la rémission, mais j’ai dû tout déchiffrer seule. La plupart des gens n’ont pas le temps, l’énergie ou les connaissances pour cela. »

D’où l’idée de BuddyRise, qui a pour ambition d' » offrir à chaque patient auto-immun le soutien quotidien qui lui fait défaut aujourd’hui ». Ainsi « Buddy, l’assistant IA de l’application, discute chaque jour avec les patients par voix ou par texte, et retient tout ce qu’ils partagent : symptômes, sommeil, repas, humeur, petites victoires. Au fil des échanges, il construit un profil personnalisé qui s’affine avec le temps. L’application repère des schémas, identifie les déclencheurs et propose de petites actions concrètes à mettre en place entre deux consultations ». Pour Charline, par exemple, c’est le soleil qui s’est avéré être un médicament !