« Beaucoup d’initiatives qui auraient voulu voir le jour n’ont finalement pas abouti. Le constat est parfois un peu amer. »

Certaines initiatives existent déjà en Wallonie. Des propriétaires transforment leur maison pour créer un habitat kangourou, d’autres optent pour des colocations solidaires ou des projets intergénérationnels. Mais beaucoup de projets peinent encore à aboutir.

« Beaucoup d’initiatives qui auraient voulu voir le jour n’ont finalement pas abouti. Le constat est parfois un peu amer », reconnaît Laurence Braet.

Des freins culturels… et psychologiques

Au-delà des questions administratives, l’habitat partagé se heurte aussi à des résistances culturelles. « Une partie de la population est prête à vivre de manière plus collective, avec davantage de solidarité de voisinage, mais cela peut susciter des réticences dans certains quartiers ou auprès des autorités locales », explique Laurence Braet.

Le logement « kangourou » n’a pas rencontré le succès escompté contrairement aux espaces partagés

Les seniors eux-mêmes hésitent parfois à franchir le pas. « Quitter sa maison ou la transformer n’est pas une démarche anodine. Même lorsqu’on est encore en pleine forme, ce n’est pas toujours facile de se dire : ‘Je prépare déjà la suite de ma vie’. »

Parking, urbanisme et allocations : les gros blocages

Sur le terrain, les obstacles juridiques et urbanistiques restent nombreux, explique Claire Thollembeck, juriste et chargée de mission à l’ASBL.

« Les normes de parking sont souvent un frein concret. Dans un habitat groupé senior, il y a parfois moins de voitures, voire plus du tout. Pourtant, les règles restent pensées pour un modèle classique de logement individuel. »

Les projets installés dans d’anciennes fermes ou les logements plus denses rencontrent aussi davantage de difficultés administratives.

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Mais l’un des principaux problèmes concerne surtout la reconnaissance des ménages distincts dans des logements partagés. « Les communes restent souvent très réticentes, notamment par peur de fraudes liées aux allocations sociales. Pourtant, juridiquement, il est possible de reconnaître plusieurs ménages au sein d’un même logement. »

Wavre montre l’exemple

Certaines communes commencent toutefois à expérimenter de nouvelles approches. À Wavre, le Plan de cohésion sociale a par exemple développé un projet destiné à favoriser l’habitat intergénérationnel.