Ces chaussures à la mode sont déconseillées par des podologuesDes blessures récurrentes

La médecin en observe d’ailleurs les conséquences chaque année. « En septembre, j’ai de nombreux patients qui ont une tendinite du fascia plantaire (une douleur au niveau du talon ou le long du ligament fascia plantaire), parce qu’ils ont beaucoup marché avec des tongs », explique-t-elle. « Si quelqu’un est habitué à une chaussure fermée et à porter régulièrement la même paire, et qu’elle enfile ensuite des tongs, cela peut être catastrophique », poursuit la spécialiste.

La podologue souligne, à l’inverse, que les personnes qui ont un pied musclé peuvent plus facilement supporter le port de tongs durant l’été. « Elles doivent avoir eu l’habitude tout au long de l’année d’alterner le type de chaussure, d’adapter la chaussure en fonction de l’activité comme tel ou tel sport, et de faire des exercices », précise-t-elle.

Faut-il porter des chaussures d’intérieur quand on est chez soi ? « C’est très important pour certaines personnes »Il faut muscler le pied

Pour Julie Grolleau, il est donc possible de supporter ces chaussures d’été. « Le pied doit être musclé et ne doit pas avoir de pathologie posturale, comme un pied plat ou trop creux ».

Elle recommande également de pratiquer quelques exercices d’étirements et de renforcement des muscles intrinsèques du pied, ainsi que de rester souple des mollets, ce qui permet de l’être aussi au niveau du pied. « S’il y a des petites fatigues du pied en fin de journée avec des sandales ou des chaussures plates, on peut masser le fascia plantaire à l’aide d’une balle de tennis par exemple », suggère-t-elle.

Quelle tenue adopter au bureau, en ces périodes de forte chaleur ? « Ce type de chaussures très tendance est à éviter »Que faut-il donc porter ?

La spécialiste explique que certaines marques connues, comme Birkenstock ou Scholl, sont des sandales qui s’adaptent au pied, et inversement. « À partir du moment où on a une cuvette talonnière, un soutien de voûte et une légère BRC (un petit élément orthopédique pour l’avant-pied), on a donc un équilibre et moins de risques de se blesser qu’avec une sandale plate », avance la podologue. « Ces marques sont devenues très populaires parce que la majorité des patients se sentent bien dedans, en raison d’éléments orthopédiques présents », détaille-t-elle, en ajoutant qu’il faut tout de même s’adapter à ces semelles.

L’idéal, selon la podologue, est de ne pas opter pour une chaussure dont la semelle est trop plate. « Si c’est ultra-plat, on a souvent davantage de risques de blessures. On peut alors se diriger vers un talon d’un à 3,5 cm. Et c’est également mieux lorsqu’il y a de l’amorti », ajoute-t-elle. Une sandale avec une plateforme pas plus haute que 3,5 cm peut donc être intéressante, comme une sandale compensée, car cela donne de la stabilité. « Le fait d’avoir un petit talon permet de creuser un peu la voûte plantaire et d’avoir moins de risques de blessure au niveau du fascia », conclut-elle.