« Ce qui me fait vraiment plaisir et rajoute à la saveur de ce tout premier succès chez les pros, c’est qu’il s’est joué à la pédale entre vrais costauds, poursuivait celui qui a devancé Ayuso dans un sprint à deux très serré. Devancer des gars comme Juan (Ayuso) ou Almeida, c’est quelque chose. »

Une victoire que le coureur de chez Decathlon CMA CGM est allé chercher avec la maturité d’un trentenaire, semblant toujours maître de ses excellentes sensations et profitant à merveille du surnombre apporté par son équipier Riccitello dans les deux derniers kilomètres.

guillement

Les UAE m’ont mis quelques coups de coude. »

« Je voulais prendre assez vite la roue d’Ayuson qui était bien emmené par ses équipiers mais les UAE ne m’ont pas vraiment laissé faire, ils étaient assez agressifs et je me suis pris quelques coups de coude. J’ai donc laissé la place à Almeida puisqu’il semblait tant y tenir… Mais nous nous sommes tout de même retrouvés à trois après la grosse attaque de l’Espagnol. Son offensive était vraiment tranchante. Le problème de ce genre de manœuvre est qu’on a parfois besoin de reprendre son souffle dans la foulée et que cela rentre alors de l’arrière. Et comme Almeida et Ayuso semblaient refuser de se relayer l’un et l’autre… Cette situation m’a été favorable car j’ai pu profiter de la présence de Matthew (Riccitello). »

Arrivé ce week-end au Portugal en provenance directe de la Sierra Nevada où son stage en altitude avait été perturbé par la neige rendant souvent les sorties sur route impossible durant plusieurs jours, c’est sur son home-trainer que Seixas a donc travaillé aux derniers détails de sa préparation.

« Ce genre de situation, cela forge le caractère et j’ai le sentiment que ça nous a peut-être bien soudé encore plus entre équipiers. Je me sentais prêt à courir et à en découdre et ce succès récompense tout le boulot réalisé en amont cet hiver et une forme d’abnégation. J’étais venu reconnaître cette montée finale de Foia il y a quelques jours et j’avais remarqué qu’il était important de virer en tête dans le dernier virage en cas de sprint. C’est ce que j’ai voulu faire, mais avec les barrières, le ressenti n’est jamais le même en course et cela m’a paru long, je vous assure. J’ai heureusement pu tenir (sourire)… »

Deuxième du classement général emmené par Ayuso (classement à l’addition des places sur les 2 étapes), Seixas voit désormais encore plus grand à l’aube du chrono au programme de ce vendredi. « Le contre-la-montre est une discipline que j’affectionne (NdlR : il a été champion du monde juniors en 2024), ajoute celui dont l’arrière grand-père était portugais. Et j’ai envie d’aller chercher le maillot jaune. »

guillement

La pression lui glisse dessus comme l’eau sur un canard… »

La prémisse d’une histoire dont rêve tout un pays ?

« Les médias français attendent beaucoup de Paul et ce n’est sans doute pas le meilleur service à lui rendre, juge son équipier belge Oliver Naesen. Mais la pression est un mot qu’il ne connaît pas, cela lui glisse sur la peau comme l’eau sur les plumes d’un canard (rires)… »

Proche de Benoot, Oliver Naesen a senti la tuile arriver pour son nouveau coéquipier : « Il peinait à descendre du vélo. On aurait dit un petit vieux »