Un 60 m² discret dehors, vivant dedans
Que se passe-t-il lorsque, dans le centre historique de Sorrente, on découvre une maison qui abrite des arbres au premier étage ? C’est de cette surprise, presque une apparition, qu’est né le projet Mi Casa, un appartement de 60 m² qui bouscule la logique traditionnelle de l’habitat urbain : fermé sur l’extérieur, mais étonnamment ouvert et vivant à l’intérieur. Le patio devient le pivot narratif de l’espace, un lieu suspendu entre mémoire et contemporanéité, qui évoque des images lointaines, presque nord-africaines, tout en les traduisant dans un langage intime et personnel. Une question se pose alors : est-il encore possible, aujourd’hui, de créer une maison qui soit un refuge sans renoncer au lien avec la nature ? Ici, la réponse est évidente. Entre 60 m² intérieurs et 80 m² d’espaces extérieurs, le projet trouve un équilibre rare, où le végétal n’est pas un décor, mais une composante architecturale.
Le salon, un espace en mouvement
Le cœur battant de cet appartement de 60 m² est, comme souvent, le salon. Un espace qui échappe à toute définition figée. Ce n’est pas seulement un living, ni une simple galerie : c’est un organisme en constante transformation, où l’art et le design cohabitent et se réorganisent au fil du temps. Comment créer un espace aussi personnel sans tomber dans l’excès ? La réponse réside dans la mesure et la stratification. Des icônes du design italien des années 1960 dialoguent avec des œuvres contemporaines, créant des tensions visuelles maîtrisées : des fauteuils de Paolo Buffa à la bibliothèque Giraffa de Paolo Tilche, jusqu’aux luminaires signés Mangiarotti et Magistretti. Rien n’est définitif, tout peut changer. C’est précisément cette instabilité qui rend l’espace vivant, authentique. Les matériaux y contribuent eux aussi : la terre cuite artisanale, chaleureuse et imparfaite, ancre l’ensemble dans une dimension domestique qui équilibre le raffinement du mobilier. Le conseil, pour qui souhaiterait obtenir un résultat similaire, est clair : ne pas craindre les mélanges, mais les guider avec cohérence.