Plusieurs avantages fiscaux réduits ou supprimés : voici ce qui change pour votre déclaration fiscale 2026Quand faut-il opter pour les frais réels ?

Le premier point d’attention concerne les frais professionnels. À défaut de frais réels revendiqués, l’administration applique automatiquement le forfait légal. Pour les salariés, ce forfait correspond, pour les revenus 2025, à 30 % des rémunérations après déduction des cotisations sociales, avec un plafond de 5 930 euros.

Dans la majorité des situations, le forfait reste la solution la plus simple et souvent la plus avantageuse. Les frais réels peuvent toutefois être intéressants dans certains cas.

Dans la majorité des situations, ce forfait reste la solution la plus simple et souvent la plus avantageuse. Il évite les calculs, les justificatifs détaillés, les annexes et la conservation systématique de pièces probantes. Il permet aussi de préserver certaines exonérations qui pourraient être perdues en cas de déduction des frais réels.

Les frais réels peuvent toutefois être intéressants dans certains cas : trajets domicile-lieu de travail très longs, absence de télétravail, frais professionnels importants non remboursés par l’employeur ou utilisation professionnelle significative d’un bureau à domicile. Ils doivent alors être déclarés aux codes 1258/2258 et être justifiés.

Un exemple illustre l’enjeu. Un salarié qui habite à 100 kilomètres de son lieu de travail, s’y rendant chaque jour et ne télétravaillant pas, pourrait calculer ses frais de déplacement à hauteur de 6 600 euros sur la base de 220 jours de travail : 100 km x 2 trajets x 220 jours x 0,15 euro. Ce montant peut dépasser le forfait légal mais l’économie potentielle doit être comparée aux conséquences du choix des frais réels.

Le fisc sait-il tout de vous ? « Officiellement, il n’y a pas de cadastre des fortunes en Belgique. Mais dans les faits, il existe déjà »Quid des frais domicile-lieu de travail ?

Les déplacements domicile-lieu de travail obéissent à des règles particulières. En cas de frais réels, ils sont en principe pris en compte à concurrence de 0,15 euro par kilomètre. En revanche, le forfait complémentaire pour longs déplacements, qui permettait auparavant de majorer les frais forfaitaires lorsque le domicile était situé à plus de 75 km du lieu de travail, a été supprimé pour la déclaration de cette année.

Les interventions de l’employeur dans les déplacements doivent aussi être vérifiées. Pour les déplacements avec un véhicule privé, l’exonération de l’indemnité patronale est limitée à 490 euros pour les revenus 2025. Pour les transports en commun, l’intervention peut être totalement exonérée, sous conditions. Dans tous les cas, le choix entre forfait et frais réels doit être analysé avec prudence.

Vélo d’entreprise et indemnité vélo

Le vélo constitue un autre point de vigilance. L’indemnité vélo et l’avantage résultant de la mise à disposition d’un vélo d’entreprise doivent être mentionnés dans la déclaration. Pour les revenus 2025, l’indemnité vélo est exonérée jusqu’à 0,36 euro par kilomètre, avec un plafond annuel de 3 610 euros. Cette exonération suppose toutefois, en principe, que le salarié ne revendique pas ses frais professionnels réels. Un salarié bénéficiant d’une indemnité vélo ou d’un vélo d’entreprise doit donc calculer avant de choisir.

Quelque 8.000 Belges cumulent allocations et flexi-job :  » Le gouvernement décourage le travail à temps plein »Les revenus de flexi-jobs

Les flexi-jobs doivent également retenir l’attention. Les rémunérations issues d’un flexi-job doivent être correctement reprises dans la déclaration lorsqu’elles entrent en ligne de compte pour l’exonération. Pour les travailleurs non pensionnés, le plafond d’exonération fiscale a été porté à 18 000 euros à partir de l’année de revenus 2025. En cas de plusieurs flexi-jobs, les montants repris sur les fiches doivent être contrôlés avec soin.

Les revenus relatifs aux prestations effectuées à l’étranger doivent être déclarés en Belgique.

Pompiers ou ambulanciers volontaires

Certaines catégories particulières, comme les pompiers volontaires, ambulanciers volontaires ou agents volontaires de la Protection civile, disposent aussi de rubriques spécifiques. Les allocations concernées ne doivent donc pas être assimilées trop vite à des rémunérations ordinaires, ni considérées comme exonérées sans vérification.

Les revenus perçus à l’étranger

Si vous avez travaillé à l’étranger en 2025, les revenus relatifs aux prestations effectuées à l’étranger sont en principe imposables dans le pays où ces prestations ont été effectuées. Ils doivent cependant être déclarés en Belgique où ils bénéficient, en principe, d’une exemption sous réserve de progressivité, à demander dans la déclaration, idéalement accompagnée d’une annexe justificative. Ce type de situation doit être analysé au cas par cas.

Les délais pour corriger une PDS

Il faut aussi garder un œil sur les délais. Recevoir une proposition de déclaration simplifiée ne signifie pas qu’aucune action ne sera nécessaire : en cas d’erreur ou d’information manquante, la correction doit intervenir dans les délais applicables, soit le 30 juin via le formulaire papier reçu et le 15 juillet électroniquement.

Une vérification tardive peut donc réduire la marge de manœuvre du contribuable, qui se verra contraint de corriger la situation via une réclamation.

En pratique, le salarié a intérêt à ne pas considérer sa déclaration comme une formalité. Avant de valider une proposition simplifiée ou une déclaration préremplie, il faut relire les rémunérations, contrôler les indemnités de déplacement, vérifier les avantages exonérés, comparer frais forfaitaires et frais réels, et s’assurer que les codes utilisés correspondent à la situation réelle. En fiscalité, la déclaration la plus avantageuse n’est pas toujours celle qui semble la plus intuitive : c’est souvent celle qui a été relue, comparée et validée avec méthode.