La marche est l’activité physique préférée des Américains, et le constat vaudrait sans peine de ce côté de l’Atlantique. Une étude publiée dans la célèbre revue PLOS One, fondée sur une vaste enquête téléphonique auprès de 396 261 adultes, vient pourtant nuancer le message : à elle seule, la marche ne permet pas toujours d’atteindre les seuils d’activité qui protègent réellement la santé.

Aux États-Unis, 44,1 % des adultes citent la marche comme leur principale activité de loisir, à la ville comme à la campagne. Le résultat émane de l’équipe de Christiaan Abildso, de l’université de Virginie-Occidentale. Rien d’étonnant à cette popularité : marcher reste simple, gratuit et faisable au quotidien. Difficile de ne pas y reconnaître nos propres habitudes, entre la promenade après le repas et le tour au marché.

Le reste varie selon l’endroit où l’on vit. Outre-Atlantique, la campagne jardine, chasse et pêche, quand la ville court, pédale et fréquente les salles de sport. En Provence, on retrouverait sans doute le même clivage : potager, pétanque et randonnée dans les Alpilles ou la garrigue d’un côté, vélo et salle de sport de l’autre. L’environnement et les habitudes locales façonnent les choix.

C’est le chiffre qui dérange. Parmi les adultes dont la marche est l’activité principale, 25 % seulement remplissent à la fois les deux recommandations de référence : au moins 150 minutes d’exercice modéré par semaine et du renforcement musculaire deux jours par semaine. À l’inverse, près de 22% n’atteignent aucun de ces deux objectifs.

Ces seuils ne relèvent pas d’une norme purement américaine : ce sont ceux de l’Organisation mondiale de la santé, relayés en France par Santé publique France. Le maillon faible n’est d’ailleurs pas l’endurance, mais le renforcement musculaire. La marche entretient le cœur, sans solliciter assez les muscles. Le même reproche vaut pour le jardinage ou la pétanque, plaisants mais peu intenses.

Il ne s’agit pas de renoncer à la marche, mais d’y ajouter du travail musculaire. En ville, la natation, le vélo ou la musculation y pourvoient. À la campagne, plutôt que d’imposer la salle de sport, les auteurs de l’étude suggèrent de greffer l’effort sur des activités déjà pratiquées. Une piste aisément transposable ici : forcer un peu au jardin, porter ses cageots, bêcher le potager, marcher en terrain pentu dans les collines.

Le message de fond tient en une simple phrase : des recommandations générales valent moins que des conseils ajustés au terrain. La marche reste une excellente base, à condition de ne pas s’y limiter.

Référence :


https://dx.doi.org/10.1371/journal.pone.0345026