Les Troubles des conduites alimentaires (TCA) concernent, en France, environ un million de personnes. La journée mondiale dédiée, le 2 juin, permet d’informer et de sensibiliser les patients, les proches, le grand public et les soignants à ces maladies. Dans le cadre de la prise en charge des patients, les infirmiers en pratique avancée (IPA) jouent un rôle de repérage du trouble, d’évaluation de sa gravité, d’éducation à la pathologie et de la prévention des rechutes. Le point avec deux d’entre elles.
Comme chaque année, lors de la journée du 2 juin, les lieux de soins spécialisés et les associations mettent en place des manifestations autour des TCA. « La connaissance et les représentations autour des TCA sont encore nombreuses », estime Nadine Satori, infirmière en pratique avancée (IPA) mention psychiatrie et santé mentale, au sein du service des TCA du pôle Clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME) du Groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie & neurosciences.
Pourtant, ils ne relèvent pas d’un simple manque de volonté. Il s’agit de maladies psychiatriques lourdes ayant des conséquences somatiques qui peuvent s’avérer sévères. « Les TCA isolent et stigmatisent ceux qui en sont atteints, ajoute-t-elle. Cette journée mondiale représente l’occasion de mettre en lumière quelque chose qui est caché, ignoré et dénié. »
Cette pathologie, qui apporte beaucoup de tort aux patients qui en sont atteints et à leurs proches, est également méconnue des soignants. « L’éclairage sur les TCA doit porter au-delà du collectif sociétal, insiste Nadine Satori. Les atteintes physiques et psychiques peuvent être fortes et lorsque les patients se retrouvent à l’hôpital pour des soins somatiques, ils peuvent être mal compris donc moins bien accompagnés en raison du manque de connaissances et des projections qui ne sont pas représentatives de la réalité. »
Les TCA regroupent plusieurs manifestations symptomatiques dont les principales sont l’anorexie mentale, l’hyperphagie boulimique ou encore la boulimie. Au sein du CMME, les deux IPA qui y exercent depuis quelques années interviennent à différents stades de la prise en charge, de manière transversale. Elles apportent une valeur ajoutée au suivi des patients puisqu’elles sont extraites de la dynamique d’équipe pour leur offrir un accompagnement différent.
« Lorsque les patients sont adressés au CMME, nous effectuons leur évaluation globale à savoir clinique et somatique, nous assurons le lien avec les familles, les structures ou encore les professionnels de santé », énumère Julie Mougeolle, également IPA. Outre cette intervention en préadmission, les deux IPA ont instauré un groupe de préparation à l’hospitalisation et aux soins, animé par l’une d’elles et un psychologue, pour les informer de la prise en charge hospitalière et des objectifs de leur hospitalisation. Par ailleurs, lorsque les patients attendent plusieurs mois une hospitalisation faute de places disponibles, « nous les recevons en consultation, afin de nous assurer qu’il n’y a pas de risque pour leur santé somatique, et pour commencer à travailler sur l’aspect alimentaire et sur l’hospitalisation, indique Julie Mougeolle. Il s’agit d’une offre de soins complémentaire pour les patients. »
En phase d’hospitalisation
Dès lors que le patient est hospitalisé, les IPA animent des groupes motivationnels « avec un médecin et plusieurs patients, afin de les préparer au changement, rapporte Nadine Satori. Nous les soutenons. »
Pendant la phase d’hospitalisation, elles peuvent accompagner les patients lors des temps complexes dans leur parcours. « A titre d’exemple, je suis la référente au sein de l’unité, pour mettre en place des soins d’approche corporelle, indique Nadine Satori. Je peux les proposer aux patients afin de leur offrir des soins plus soutenus. » Les IPA peuvent aussi intervenir post-hospitalisation, pour consolider l’après prise en charge et s’assurer du bon suivi du patient.
« Notre plus grande valeur ajoutée est de préparer le patient à l’hospitalisation, et lorsqu’il en sort, de maintenir le lien », résume Julie Mougeolle. Ainsi, si l’infirmier a des missions au chevet des patients, l’IPA peut quant à lui organiser d’autres types prises en charge autour des soins que ce soit pédagogiques, informationnelles ou encore préventifs. « Ce sont nos missions de leadership : se mobiliser, informer et porter le changement auprès des personnes », conclut Nadine Satori.
Laure Martin
Je m’abonne à la newsletter ActuSoins
Restez connecté ! Installez l’application gratuite ActuSoins


