Intitulé L’Âge de fer, le premier film s’ouvre en 1940. Quand Charles de Gaulle, un colonel méconnu promu général en pleine débâcle, à l’issue de la bataille de Montcornet, lance, depuis Londres, un appel à résister sur les ondes de la BBC. Résister non seulement à l’Allemagne nazie, mais aussi au régime du maréchal Pétain. Churchill (Simon Russell Beale) vient en effet de nommer à la tête de la « France Libre » cet homme au caractère bien trempé, refusant toute compromission et qui va bientôt représenter une sacrée épine dans le pied pour les alliés…

En contrepoint, on suit le parcours de Fernand (Florian Lesieur), un jeune étudiant parisien bien décidé à suivre l’appel du 18 juin et à résister contre l’occupant allemand.

Biopic hagiographique

Tiré de la biographie de l’historien britannique Julian Jackson De Gaulle : une certaine idée de la France, cette fresque historique ambitieuse bénéficie d’un budget important et d’un impressionnant casting pour nous replonger dans les grandes heures de la France Libre. Quand de Gaulle va tenter de réunir à Londres un cabinet de guerre, en vue de lever une armée pour reconquérir les territoires de l’Empire. Entrant ainsi en conflit direct avec l’amiral Darlan (Mathieu Kassovitz), resté fidèle à Pétain.

« Le chant du loup », une plongée dans la stratégie française de dissuasion nucléaire

Découvert en 2019 avec son premier long métrage Le Chant du loup (très efficace évocation du système de la dissuasion nucléaire française), Antonin Baudry signe le « grand » film attendu sur le grand homme. Ancien diplomate, le réalisateur joue à fond la carte de l’héroïsme à la française. Dans des scènes parfois à la limite du ridicule, quand de Gaulle reste droit comme un « i » lors d’un bombardement allemand qui souffle les vitres du siège de la France Libre à Londres ou imperturbable lors d’un crash d’avion en Afrique-Équatoriale…

Abkarian, trop emphatique

Ce rôle quasi impossible (déjà tenu par Lambert Wilson dans le De Gaulle de Gabriel Le Bomin en 2020), c’est Simon Abkarian qui l’endosse. S’il n’a pas le mètre quatre-vingt-dix-huit du grand Charles, le comédien d’origine arménienne parvient à retrouver la stature du général. Mais, à l’image de la mise en scène trop sage de Baudry, son jeu est trop ampoulé, surjouant l’emphase du personnage. Tout ça manque cruellement de vie, malgré quelques échappées vers la comédie – notamment à travers le personnage du secrétaire personnel du général, campé par Karim Leklou – offrant de rares moments de dérision par rapport à la statue du commandeur…

Xavier Giannoli, trop tendre avec la collaboration? « Il n’y a aucun acharnement, juste une discussion inévitable. »

Reste un vrai film d’aventures (façon De Gaulle au Congo pour la partie africaine) et de guerre, nourri d’archives historiques. Avec, comme moment de bravoure, la bataille de Bir Hakeim en Libye, menée par le général Kœnig (Benoît Magimel) face aux troupes de Rommel. Même si, bourrée d’effets spéciaux numériques, cela manque, là encore, d’un vrai souffle.

Allant de 1942 à la Libération de Paris en 1944, le second volet de La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, sortira en salles le vendredi 3 juillet prochain.

"La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer" d'Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Thiery Lhermitte, Karim Leklou, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, Mathieu Kassovitz…Convainquant, Benoît Magimel tient le grand rôle lors de la bataille de Bir Hakeim, dans le costume du général Pierre Kœnig. ©The Searchers"La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer" d'Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Thiery Lhermitte, Karim Leklou, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, Mathieu Kassovitz… ©The SearchersLa Bataille de Gaulle : L’Âge de fer

Biopic De Antonin Baudry Scénario Antonin Baudry et Bérénice Vila, d’après De Gaulle : une certaine idée de la France de Julian Jackson) Photographie Pierre Cottereau et Giora Bejach Musique Volker Bertelman Montage Katie Mcquerrey Avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Thiery Lhermitte, Karim Leklou, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, Mathieu Kassovitz… Durée 2h29