Une esthétique sixties, du jazz, un petit garçon, des Manatthan et un avion… Pour sa première réalisation, la star de Pulp Fiction livre un huis clos aérien inabouti.
Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, le premier long-métrage de John Travolta dévoile un récit très personnel aux couleurs nostalgiques parfois mièvres… L’acteur légendaire s’est inspiré de son roman Propeller One-Way Night Coach, paru en 1997, pour raconter le premier voyage en avion d’un petit garçon fan d’aviation, lors d’un vol de nuit le menant de New York à la Californie, au début des années soixante.
La mise en scène aux accents oniriques place le spectateur à hauteur d’enfant. On se laisse d’abord enivré par le charme vintage des décors. La voix off (assurée par Travolta lui-même) nous propulse directement dans les pensées du petit Jeff. Celui-ci regarde, tête dressée, sa mère endimanchée, actrice déchue, qu’il suit dans les dérives de son existence. L’esthétique léchée, qui tend vers la BD, donne au récit des airs de conte pour enfants. Ce vol pour Los Angeles en forme de maison de poupée mêle réflexion sur le rêve hollywoodien et sur la figure maternelle. On suppose que Travolta travaille ici une matière très intime, les personnages de la mère pouvant renvoyer à sa propre mère (elle porte le même prénom, Helen) et celui du jeune héros à son fils disparu, Jett (mort en 2009 à l’âge de 16 ans) aussi bien qu’à lui-même, Travolta étant un enfant des sixties qui a souvent évoqué son amour de l’aviation.
En une petite heure, le cinéaste fait revivre son rêve de gosse mais oublie un peu ses spectateurs. La voix off, qui entend nous guider tout au long du film, finit par nous assommer par son omniprésence.
De Take Five à Tony Bennett, de Sinatra à la BO d’Un homme et une femme, l’acteur-réalisateur envahit de plus l’arrière-plan sonore d’une BO jazzy trop cliché et répétitive.

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C’est du côté de Arrête-moi si tu peux de Spielberg que Vol de nuit pour Los Angeles semble parfois regarder. Il lui emprunte son esthétique très graphique, sa musique rétro, ainsi que l’insistance sur la figure maternelle, centrale au récit.
En fourrure blanche, un Manhattan dans une main, la cigarette dans l’autre, la mère, pourtant très présente, avec son regard vitreux et ses lèvres maquillées de rose, aurait mérité d’être approfondie … Si elle laisse volontiers son fils le temps d’une nuit pour rejoindre un homme, ou si, sans détours, elle lui confie les aléas de sa vie intime, le caractère abusif de ce personnage n’est qu’esquissé. C’est un archétype souvent mis en scène au cinéma, que Travolta ne revisite pas mais qu’il regarde néanmoins avec bienveillance.
L’acteur de La Fièvre du samedi soir signe un conte aérien nostalgique qui peine à décoller. Malgré l’envie d’émouvoir, le spectateur reste au sol… La poésie de ce rêve nocturne s’efface derrière son esthétique rétro trop chargée, au dépend de l’intrigue, survolée.
Vol de nuit pour Los Angeles est disponible sur Apple TV.