« C’était un devoir »: un homme de 71 ans tente d’étrangler son père centenaire avant d’être stoppé à coups d’assiettes« Vous aviez été retrouvée endormie dans le sas des urgences »
« Vous aviez été retrouvée endormie dans le sas des urgences, lui a rappelé la présidente. Vous étiez sur une chaise roulante et quand la dame vous a fait une remarque, vous vous êtes énervée. Vous avez porté un coup et un agent de sécurité a dû intervenir. »
La prévenue, très polie tout en parlant très fort, confirme. « Oui, j’ai râlé. Par contre, je n’ai pas mis de coup de poing. »
Pourtant, en audition, elle avait reconnu avoir porté un coup. « J’ai une perte de mémoire, mais ce n’est pas mon genre de mettre un coup de poing. Peut-être que je l’ai poussée. Je n’ai pas voulu lui faire de mal. Je n’étais pas dans mon état psychologique normal. Vraiment, ce coup de poing, ce n’est pas mon genre et si je l’ai donné, je regrette amèrement. »
La procureure a retracé les faits. « Le 22 mars 2025, la police a été appelée par une dame qui est chauffeur au SMUR et qui indiquait qu’une femme qui dormait au service des urgences portait une veste du SMUR. Elle s’est énervée et l’a insultée avant de lui porter un coup dans le ventre. »
Un violent poursuivi pour détention arbitraire, menaces…: « Tu vas crever vivant dans ta maison » « Le coup au ventre, je me rappelle maintenant. »
Une prévenue n’a pas le droit de couper la parole au ministère public, mais Gina s’est exclamée. « Le coup au ventre, je me rappelle maintenant. »
Rire général dans la salle. La procureure a poursuivi. « Le vigile est intervenu et elle est passée aux aveux. Le rapport médical fait état d’un trouble mental au moment des faits et encore aujourd’hui. Elle représente un danger pour elle et pour autrui. Je requiers l’internement. »
La défense s’est elle aussi positionnée en faveur de l’internement. « Elle entre dans les conditions et sa place n’est pas en prison. »
Gina a repris la parole. Toujours aussi polie, toujours le verbe fort. « Le coup dans le ventre, c’est tout à fait vrai. Je suis désolée. Je suis un peu malade. J’attends de vos nouvelles dans ma cellule, c’est ça ? »
Gina a remis les menottes, souriante. Moment suspendu au tribunal.
Jugement le 29 juin.