« Il s’est retiré dans ses magnifiques demeures loin de Tinseltown »
Des propos qui confirment ceux d’un proche du nonagénaire, affirmant dans Closer Weekly, le 3 avril dernier, qu’il ne passerait plus jamais devant ou derrière la caméra. « Sa carrière de cinéaste est définitivement terminée, déclarait cette source. Les principales passions de Clint sont désormais le piano et la création artistique pour son propre plaisir. Il s’est retiré dans ses magnifiques demeures loin de Tinseltown (Hollywood en argot, ndlr), et il ne semble pas du tout intéressé par l’idée de faire ses adieux en grande pompe ni même de revenir sur la filmographie inoubliable qu’il a laissée derrière lui. Être célèbre n’a plus aucune importance pour lui. »
Avant de conclure : « Son héritage sera célébré pour toujours. Il a apporté de la joie et du divertissement à beaucoup de gens. »
Quatre Oscars
Nommé deux fois aux Oscars en tant qu’acteur mais jamais récompensé, il a agrémenté sa cheminée de quatre statuettes chauves, deux du meilleur film (Impitoyable et Million Dollar Baby) et deux en tant que réalisateur (pour les mêmes films). Mais pour le grand public, Clint Eastwood représente bien davantage. Les fans de westerns lui doivent d’avoir réinventé le mythe du cow-boy solitaire qui tire plus vite que son ombre en tant qu’Homme au poncho (que détestait ouvertement l’autre légende du western, John Wayne). Il avait accompagné le genre dans son crépuscule, avec Pale Rider, le cavalier solitaire, avant de signer un chef-d’œuvre en guise d’adieu aux éperons, Impitoyable.
Pour les amateurs de thrillers musclés et de justice expéditive, il incarnait le très polémique inspecteur Harry, un Doux, dur et dingue ou un Maître de guerre sans pitié. Un personnage qui lui avait valu l’antipathie d’une partie du public, avant qu’il ne casse complètement cette image monolithique avec des réalisations bien plus subtiles telles que Mystic River, Mémoire de nos pères, American Sniper, Sully, Invictus, Au-delà, Le cas Richard Jewell ou ce qui reste à notre avis son film le plus extraordinaire, Gran Torino.
À travers ses films, il a questionné le rêve américain
À travers tous ses films, le républicain convaincu qui a lâché Donald Trump a cherché à questionner la société américaine, ses mythes, sa violence, sa tolérance, sa conception de l’héroïsme ou du fameux rêve de réussite individuelle qui l’anime tant. C’est assurément un des plus grands (et des plus rapides) cinéastes contemporains qui a rangé sa caméra en toute discrétion.