Déjà fan d’Anderlecht au début des années 2000, il a fait de Vincent Kompany et Anthony Vanden Borre ses modèles : « On a tous besoin de s’identifier à quelqu’un, Vincent Kompany a été ma source d’inspiration et d’espoir. Je lui dis souvent : ‘Tu n’as pas idée de ce que tu as fait pour moi.’ Le voir lui et Anthony Vanden Borre, des gars d’origine congolaise, réussir à Anderlecht pendant que moi je voyais ma famille galérer… Je me suis dit : ‘C’est moi le suivant.' »
L’avis de l’expert : le câlin de Lukaku à Vanaken en dit long sur son importance, mais le statut des Brugeois n’a pas changé depuis leur titreL’influence de Thierry Henry: « Quand j’ai compris tout ça, j’ai commencé à planter »
Comme il l’avait fait dans notre interview exclusive du 26 mai dernier, Lukaku est revenu sur les regrets qui le hantent depuis le décès de son papa et a aussi parlé de ses fils.
Mais il a également livré de nouveaux secrets. À commencer par l’influence de Thierry Henry sur sa carrière, tant en club qu’en sélection. « J’ai eu des moments très durs en équipe nationale. Ces années passées sur le banc, où j’étais le quatrième choix en attaque… puis j’ai réussi à devenir titulaire. Dès que j’ai changé ma mentalité, je n’ai fait qu’augmenter mon importance dans l’équipe. »
Ce déclic, il l’a eu sous Roberto Martinez, à partir de 2016. « Au fond de moi, je savais que j’avais été le meilleur chez les jeunes et que j’avais vite progressé en club. Il n’y avait aucune raison que je ne parvienne pas à prendre cette même place en équipe nationale. Mais il fallait que quelqu’un me dise mes vérités et j’ai un jour demandé à Thierry Henry qu’on revisionne tous mes matches ensemble. »
Et de détailler : « Moi qui suis un fou de wyscout, qui analyse beaucoup mes matches… j’ai pris mon ordinateur pour aller le voir. Thierry Henry est comme moi, c’est un malade de foot, presque psychopathe. Je lui ai dit : ‘Viens, on regarde tous mes matches.’ Et on l’a fait pendant des journées complètes, sur plusieurs rassemblements. Et comme par hasard, j’ai explosé avec Everton cette année-là, j’ai mis 25 buts en championnat. Dans les conseils de Thierry Henry, il y avait des similitudes avec ceux de mon père. C’était toujours constructif, jamais négatif. Jusqu’à ce que je devais manger la veille du match ou la manière de m’adapter à Eden, Dries, Thorgan pour faciliter leur jeu. Quand j’ai compris tout ça j’ai commencé à planter… »
Deux ans plus tard, Romelu Lukaku entrait dans l’histoire du football belge. « Devenir meilleur buteur de la sélection, je savais que ça allait tomber. Mais arriver à 89 (90 depuis ce mardi soir, NdlR), je n’y pensais pas. Mais après ce déclic avec Thierry Henry, l’entente avec Eden, Kevin et Dries a été meilleure. J’ai compris que je devais leur apporter autant qu’ils m’apportaient, et m’améliorer dans les remises et mon jeu au service de l’équipe. »
Coupe du monde 2026 : Rejoignez la chaîne WhatsApp de la DH 100 % dédiée aux Diables rouges et au Mondial !La meilleure version de Romelu Lukaku sous la vareuse des Diables rouges
À tel point que Romelu se trouve meilleur avec les Diables rouges qu’en club : « En sélection tu vois la meilleure version de Romelu. En sélection je suis « all out » (à fond, sans limite, NdlR). Tu te souviens de Klose avec l’équipe nationale allemande, alors qu’il manquait parfois de temps de jeu avec le Bayern ? C’est bizarre mais je me sens un peu comme ça. Ça doit être dû à l’entente avec la génération actuelle. Witsel, un de mes meilleurs amis en dehors du foot, m’a beaucoup répété de moins me prendre la tête à mes débuts, d’être plus relax. J’ai mis du temps à y parvenir mais maintenant je me suis ouvert. Alors qu’à une époque je fonçais dans ma chambre dès que le repas était fini. »
Quel rôle joue-t-il envers la nouvelle génération ? « Je les laisse être eux-mêmes. Je sais quand leur parler et les laisser tranquilles. Et j’essaye d’être toujours dans le coaching positif comme mon père et Thierry Henry l’ont été avec moi. »
« On savait que le plan tactique ne marcherait pas » : Romelu Lukaku ne ménage pas Domenico Tedesco, qui ne tenait pas compte de l’avis des joueursVrai supporter du Congo : « Mais ils ne m’ont jamais appelé »
Romelu Lukaku fait partie des nombreux binationaux qui peuvent choisir entre plusieurs sélections. Il résume son lien avec la Belgique et le Congo comme ceci : « La Belgique m’a donné des opportunités mais le Congo m’a donné ses valeurs. »
Son choix sportif en faveur des Diables rouges fut toutefois évident : « Le Congo ne m’a jamais appelé, même chez les jeunes. Mon frère l’a été mais pas moi. Donc quand la Belgique m’a appelé, j’y suis allé sans me poser de question. J’ai parfois voulu en parler avec mon père mais c’était compliqué. Au final, pour tout binational, c’est le coeur qui doit parler. Ça doit être mis au même niveau que la performance ou la concurrence dans la réflexion… alors qu’il y a quelques années, je pense que la performance primait sur le choix du coeur. »
Il est néanmoins un grand supporter des Léopards. « La fédération congolaise est en train de faire du bon travail. Et c’est important car le foot africain se développe beaucoup et il y a énormément de talents qui ont plusieurs nationalités. En tant que supporter j’ai envie de les voir grandir encore et encore. Regarde le Sénégal, ils attirent des joueurs qui tournent le dos à la France. Et je sais déjà qu’ils vont faire un Mondial de dingue. Le Maroc, l’Algérie, l’Egypte… toutes ces nations progressent. Mais nous aussi (sic), la RDC, on est en train de progresser. »
Quid d’un éventuel Belgique-Congo à la Coupe du monde 2026 ? « Ce serait le match le plus difficile de ma vie, je ne vais pas te mentir. Mais j’aurais quand même envie de le gagner. »