Qu’est-ce qui vous est arrivé au juste ?
C’est une bonne question parce que je ne m’en souviens pas, mon cerveau a fait un blackout… Benjamin et moi étions en vacances en Suède pour fêter nos dix ans de mariage. Ce que nous ignorions comme touristes lambda, c’est que des accidents avec des élans sont courants dans le pays, jusqu’à quinze par jour. Et voilà, cela nous est arrivé alors que nous roulions à 100 km/h : un élan a surgi. Le choc frontal. On s’est pris un mur de 900 kg et de 3 m de haut, j’étais à la place du mort. Nous avons beaucoup de chance de pouvoir le raconter. La plupart de ces accidents sont mortels.
Vous avez été blessés ?
Non, miraculeusement, aucune fracture ni Benjamin ni moi, on s’en est sorti avec une bosse et quelques égratignures. J’ai perdu connaissance au moment du choc, puis j’ai repris conscience assez vite. J’ai été hospitalisée 24 heures, heureusement, nous étions ensuite chez des amis suédois qui se sont super bien occupés de nous et on a pu rentrer par un vol trois jours plus tard. J’étais physiquement indemne, mais les conséquences du choc étaient invisibles. J’étais en chaise roulante, je dormais 23 heures sur 24, mon cerveau « n’imprimait » plus. Je ne me rappelle absolument rien de cette semaine, ni du retour, ni de mon père et mon fils qui sont venus nous chercher à l’aéroport. Arrivée en Belgique, j’ai refait des examens et on s’est rendu compte que le traumatisme crânien était plus grave que le premier diagnostic.