L’homicide involontaire est passible d’un maximum de cinq ans de prison. Pour meurtre, le tarif monte jusqu’à 30 ans.

L’enjeu est dès lors de taille pour Paolo Falzone, que n’exonère pas son conseil Frank Discepoli : « Personne ne peut accepter ce qu’il a fait. Ce n’est pas excusable. Ce n’est pas pardonnable ». L’avocat dit comprendre la douleur, la haine, le chagrin des victimes. Mais, insiste-t-il, « il faut empêcher que la haine soit présente à l’audience, pour que le juge reste juge. »

Procès Falzone : l’accusé a commis sept meurtres et 81 tentatives de meurtre, selon l’avocat généralL’intention homicide

Pour qu’il y ait meurtre, il faut intention homicide. Et celle-ci recouvre également une acceptation consciente selon laquelle les actes posés peuvent, dans le cours normal des événements, entraîner la mort et que son auteur a accepté cette éventualité.

Avoir conscience, comme l’avait Paolo Falzone, que son comportement au volant, pouvait un jour entraîner la mort, n’est pas une intention homicide, a plaidé Me Discepoli. Le risque inconsidéré pris par Paolo Falzone, qui roule à 174 km/h dans une zone 50, ne suffit pas pour définir l’intention homicide, a poursuivi l’avocat.

Pour ce dernier, deux éléments plaident en défaveur de l’intention homicide : le fait que Paolo Falzone a été surpris de se trouver face à un groupe et le fait qu’il ait freiné.

Jusqu’à l’impact, Paolo Falzone se filme en conduisant. Mais, note l’avocat, il filme le compteur avec la vitesse et pas les obstacles. « C’est débile, c’est criminel, mais c’est une réalité », note l’avocat qui répond ainsi aux constatations des experts qui ont dit que le groupe était visible d’une distance de 200 mètres. Cette surprise est incompatible avec la volonté de tuer, déduit l’avocat.

Et, ajoute-t-il, il a freiné, tardivement comme en témoigne la vitesse de 105 km/h au moment de l’impact. « C’est énorme, je suis d’accord mais, si on veut tuer, pourquoi on freine ? », s’interroge-t-il.

Quant au cas du gille Frédéric D’Andrea, sur lequel Paolo Falzone roulera, après qu’il est tombé du capot, rien ne prouve que Paolo Falzone a freiné pour qu’il tombe et a ensuite accéléré pour lui passer sur le corps, juge Me Discepoli qui s’oppose à la lecture du ministère public qui voit dans ce double geste une préméditation, justifiant un assassinat.

« Paolo Falzone, vous êtes la honte de la communauté italienne du Centre », lance Me D’Agristina qui soutient l’intention de tuerLa non-assistance contestée

Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, Antonino Falzone, qui était passager, risque une peine bien moins lourde. Au moment de l’impact, « quand il y a une telle explosion, un tel cataclysme, personne n’est préparé. Qui ne serait pas sidéré dans une telle situation avec des corps sur lui ? », s’est interrogé Me Fabrice Guttadauria.

Paolo Falzone ne s’arrêtera qu’à un kilomètre des lieux : « Antonino est tétanisé, sidéré, comment demander à un être humain d’agir dans une telle situation », a poursuivi l’avocat. Lorsque le véhicule s’est arrêté, Antonino Falzone s’est borné à retirer le corps de la victime coincée dans le pare-brise qui empêchait Paolo Falzone de sortir. Et à la demande de ce dernier.

Les images de vidéosurveillance ont montré un Antonino passif, un état dans lequel son avocat voit de la sidération. Néanmoins, il hélera une ambulance qui ne s’arrêtera pas car elle se rend vers les lieux où le cortège a été fauché. Pour l’avocat, ce geste est important et justifierait un acquittement d’Antonino Falzone qui « n’est pas un monstre, mais un être humain avec ses faiblesses ».

Répliques et derniers mots des accusés mardi 9 juin.

Au procès Falzone, un témoin raconte avoir « durement » vécu le drame : « J’ai vu des corps voler »