L’enquête retrace en effet « le parcours de centaines de millions de chaussons jetables, des usines d’Extrême-Orient aux décharges des plus beaux sites du monde, ne s’arrêtant que pour offrir quelques heures de confort aux pieds des clients d’hôtel ».

Le journal dévoile donc les différents composants utilisés pour ces chaussons jetables non tissés à usage unique : une tige 100 % polypropylène et une semelle en éthylène-acétate de vinyle (EVA).

Un hôtel cinq étoiles poursuivi pour ne pas avoir donné de l’eau à une cliente : la justice lui donne raisonUn composant qui ne se dégrade pas complètement

Une étude de 2022 publiée dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health, révèle à ce sujet que l’EVA est un composant qui ne disparaît « jamais vraiment », et se décompose alors en microplastiques et nano plastiques, transportés par le lixiviat (liquide hautement polluant généré lorsque l’eau de pluie percole à travers des déchets en décomposition, NdlR) vers les nappes phréatiques (partie du sol saturé en eau, NdlR).

« L’EVA peut mettre jusqu’à 1 000 ans à se dégrader, ce qui signifie que les pantoufles que vous porterez pendant quelques nuits cet été seront encore là en 3026 », souligne le Times.

Selon l’Université internationale des sciences appliquées d’Allemagne, environ 10,5 millions de paires de pantoufles seraient jetées par mois, soit 126 millions par an, dans les hôtels haut de gamme américains, indique le quotidien britannique.

L’hôtellerie bruxelloise tire la sonnette d’alarme : « Tous les signaux sont au rouge »Une norme dans les hôtels de luxe

Pourquoi les hôtels continuent-ils alors de proposer des chaussons ? The Times explique que « le secteur de l’hôtellerie justifie cette pratique par le fait que les chaussons sont un luxe attendu, mais aussi pour des raisons de santé et de sécurité ». En effet de nombreuses chutes accidentelles, notamment dans les salles de bains, sont les principales demandes de réclamations d’indemnisations.

De plus, les chaussons seraient également considérés comme une exigence obligatoire pour les hôtels cinq étoiles, selon l’association Hotelstars Union, qui attribue des classements par étoiles standardisées à travers l’Europe.