« Par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens la force toute-puissante ! » Cette phrase culte, prononcée par Adam, le prince d’Eternia, levant son épée pour se transformer en Musclor, tous ceux qui étaient gamins dans les années 80 l’ont encore en tête. Et depuis ce 3 juin, elle résonne à nouveau, mais sur grand écran, avec l’adaptation cinématographique des « Maîtres de l’univers ».

Si toute une génération d’enfants a été marquée par le dessin animé des eighties, « Les maîtres de l’univers » est à la base… une gamme de jouets Mattel. C’est pour en assurer la promotion que des cartoons ont été créés, puis un film avec Dolph Lundgren en 1987 ! Si ces dernières années, de nouveaux dessins animés ont été lancés sur Netflix, on ne peut pas dire qu’ils aient vraiment marqué les esprits. Mattel espère cette fois relancer la franchise avec ce nouveau long métrage live.


On y suit les aventures du prince Adam (campé par Nicholas Galitzine), qui se retrouve à l’âge de 10 ans sur Terre après que sa planète, Eternia, a été envahie par Skeletor (joué par Jared Leto). Il grandit comme un être humain jusqu’à ce que, 15 ans plus tard, il retrouve son glaive magique qui lui permet de se transformer en Musclor et retourne sur Eternia, accompagné de son amie d’enfance Teela (incarnée par Camila Mendes, de la série « Riverdale ») afin d’affronter Skeletor.




On ne va pas vous cacher qu’on était quelque peu dubitatifs à l’idée de cette nouvelle adaptation cinématographique, surtout après une première bande-annonce peu encourageante. A l’arrivée, le résultat est étonnamment réussi, notamment en montrant les failles de son héros (maladroit et sans charisme lorsqu’il est uniquement le prince Adam) mais aussi en offrant de l’action non-stop et en jouant à fond la carte du second degré (mais sans jamais sombrer dans la parodie). Un vrai pop-corn movie réjouissant.

Cette réussite, on la doit en grande partie au réalisateur, Travis Knight (déjà auteur de « Bumblebee »), pour qui ce film est un rêve d’enfant ! « J’avais 8 ans lorsque j’ai découvert « Les maîtres de l’univers » pour la première fois », nous a-t-il confié. « C’était un mélange fascinant de science-fiction et de fantasy : des barbares avec des épées, des robots armés de fusils lasers, des vaisseaux spatiaux… Un assemblage d’éléments totalement improbables, et j’adorais ça. Ça a littéralement fait exploser mon imagination. J’étais un fan absolu. Je jouais avec les figurines, je regardais les dessins animés. J’avais même emprunté la caméra de mon père et j’avais tourné un petit film où je jouais Musclor, même si je ne lui ressemblais pas du tout. (Rires.) »

Dolph Lundgren en Musclor dans le film de 1987.Dolph Lundgren en Musclor dans le film de 1987. – Cannon

Nicholas Galitzine dans celui de 2026.Nicholas Galitzine dans celui de 2026. – Amazon/Mattel

Autant dire qu’avec une telle admiration, c’est avec un vrai respect pour les personnages qu’il a abordé le film, même s’il y a ajouté une bonne dose d’humour. « Il existe une forme d’absurdité inhérente à cet univers. Il y a un côté excentrique qu’il fallait pleinement assumer. En revanche, je me suis attelé à tout cela avec beaucoup de sérieux. Le film est amusant, irrévérencieux, ludique, mais avec avant tout de l’émotion. Nous avons de l’action, de la comédie, du drame, mais ce dont je suis le plus fier, c’est que le film possède un vrai cœur. »

Brian May à la guitare

Une autre réussite, la musique, qui se veut dans la lignée de celle du film « Flash Gordon » de 1980, dont la B.O. était signée par Queen. Et ici, on retrouve à la guitare Brian May, le guitariste de Queen ! « Je suis un immense fan de Queen depuis mon enfance. Lorsque j’ai rencontré le compositeur pour discuter de la musique du film, ma principale référence était « Flash Gordon ». Je voulais retrouver cette énergie-là dans notre film. Avec Brian May à nos côtés, ce son immédiatement reconnaissable de Queen résonne dans notre film. »


Le dessin animé culte des années 1980.Le dessin animé culte des années 1980. – Photo News

Et est-ce que le cinéaste a reçu des consignes de Mattel pour le look des personnages, qui font évidemment l’objet d’une nouvelle gamme de jouets ? « Non. La seule chose qu’ils m’ont vraiment demandée, c’est que Musclor reste blond. Je leur ai répondu : « Ça, je peux le faire ! » (Rires.) Ce qui est amusant, c’est que nous avons repris beaucoup de leurs designs de jouets pour les réinventer dans le film. Et maintenant, ils s’inspirent de nos nouvelles versions pour créer leurs nouveaux jouets. C’est une vraie boucle créative. »

Skeletor, incarné par Jared Leto.Skeletor, incarné par Jared Leto. – Amazon MGM Studios

Reste qu’on peut se demander si le film arrivera à séduire une nouvelle génération au-delà des fans de la première heure. « Je pense que oui. Nous avons déjà pu le constater lors des projections tests auprès de différents publics. Le film s’adresse évidemment à des fans comme moi. Mais les personnes qui ne connaissaient absolument pas Musclor ont également apprécié le résultat. »

La bataille du box-office ne sera cependant pas simple à gagner. En France, le film ne sortira d’ailleurs pas en salle mais sera directement diffusé sur Prime Video. Heureusement, chez nous, il a droit à sa diffusion sur grand écran. Et c’est tant mieux, car même s’il n’est pas exempt de défauts (notamment lors d’une fin inutilement longue), c’est au cinéma qu’il faut avant tout le voir et le savourer.