L’opinion de la Commission s’inscrit dans le cadre de la procédure pour déficit excessif dont la Belgique fait l’objet depuis l’été 2024. Neuf États membres de l’UE sont sous le coup d’une telle procédure, car leur déficit et leur dette publics dépassent les valeurs de référence inscrites dans les traités européens.

Pour son évaluation, la Commission européenne examine principalement l’évolution des dépenses nettes. En ce qui concerne la Belgique, elles devraient croître de 3,8% en 2025, ce qui dépasse le taux de croissance maximal recommandé de 3,6%. Cette déviation, qui représente 0,1% du PIB (produit national brut), entre toutefois dans le cadre de la flexibilité prévue par la clause de sauvegarde nationale en matière de dépenses de défense, souligne la Commission. Pour 2026, les dépenses nettes devraient augmenter de 1,9%, ce qui est inférieur au taux de croissance maximal de 2,5% recommandé.

L’opinion de la Commission tient compte de la réforme de la TVA tel que présentée initialement par le gouvernement Arizona. Mais les hausses concernant la culture, le sport et les plats à emporter en ont finalement été retirées vendredi dernier. Le manque à gagner, estimé à environ 400 millions d’euros en 2026, doit être compensé par d’autres mesures, comme s’y est engagé le gouvernement de Bart De Wever.

Sur le plan macroéconomique, la Commission estime que le scénario sur lequel repose le projet de budget est globalement conforme à ses propres estimations pour 2025 et 2026. L’exécutif européen table sur une croissance du PIB réel de 1,1% en 2026, comme le gouvernement, mais anticipe une inflation légèrement plus élevée (2,0% contre 1,6%).

La Commission poursuivra son évaluation de la mise en œuvre des recommandations budgétaires dans le cadre du semestre européen, avec un nouvel examen attendu en juin.