Ahmed J. et Khaled T. sont en aveux des faits reprochés. Ils pourraient difficilement ne pas l’être puisque les faits ont été filmés par les prévenus. « On l’a déshabillé de force, elle ne voulait pas », reconnaît Khaled T. devant la 54e chambre. « Encore aujourd’hui, je ne sais pas comment j’ai pu faire ça, je mérite la mort », enchaîne Ahmed J., le coprévenu.
Des ballons de protoxyde
Les quatre jeunes ont consommé des ballons de protoxyde d’azote toute la soirée et ils ont forcé l’adolescente à en prendre également. Celle-ci ne connaissait que l’un d’entre eux, rencontré sur internet le mois précédent.
Le petit frère d’Ahmed J. et le second mineur se sont absentés un moment et les deux prévenus majeurs en ont profité pour se glisser à l’arrière et coincer la victime en verrouillant les portes. « Après s’être bien amusé, qu’est-ce qu’on fait ? Eh bien on appelle les copains », s’énerve la substitut du procureur du Roi. Les deux mineurs sont revenus et ils ont pris la place des deux majeurs. « Malgré les pleurs de la victime, personne ne s’est arrêté », poursuit la magistrate debout.
« Pourquoi avez-vous rappelé votre frère alors que vous saviez qu’il était mineur ? », demande le juge de céans à Ahmed J. qui n’a pas de réponse à donner.
Les profils ADN de tous les suspects ont été retrouvés sur la victime qui a déposé plainte dans la foulée. L’enquête de téléphonie a permis de remonter jusqu’aux suspects. Khaled T. a d’abord nié en bloc affirmant même aux policiers que « ce qui ont fait ça mérite le pire, j’espère que vous allez les retrouver. » Le jeune homme s’est par la suite ravisé devant le juge d’instruction.
La représentante du ministère public a requis sept ans de prison à son encontre et six ans pour Ahmed J., défendu par Me Bruno Dayez. De concert avec Me Maxime Nardone pour le second prévenu, les avocats ont centré leur plaidoirie sur le montant de la peine et non sur les indiscutables faits. Le jugement sera rendu à la fin du mois.