« Ce n’est pas ce qui s’est passé »

« Tout ce qui circule à propos de ce système commence à devenir complètement absurde », a démarré le socialiste qui pilote actuellement un plan de réforme des mutuelles. « La ministre Simonet a dit hier que sa mutualité voulait lui accorder l’intervention majorée. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé ! »

Vice-prime minister and minister and minister of Public Health and Social Affairs Frank Vandenbroucke pictured during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Thursday 04 June 2026. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCKVice-prime minister and minister and minister of Public Health and Social Affairs Frank Vandenbroucke pictured during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Thursday 04 June 2026. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCKFrank Vandenbroucke ©Belgaimage

Frank Vandenbroucke a expliqué que sa partenaire de gouvernement n’aurait jamais reçu l’intervention majorée vu ses conditions fiscales. Et si cela avait été le cas, il aurait été « le premier à le dénoncer ». En 2025, Éléonore Simonet a reçu une lettre de sa mutualité l’informant que, sur base des données fiscales disponibles, elle pourrait avoir droit à l’intervention majorée et qu’elle pouvait contacter sa mutualité pour examiner la question.

Les données concernaient 2024. À l’époque, la ministre était avocate stagiaire et députée. « Je ne me prononcerai pas sur ses revenus en tant qu’avocate, mais les revenus parlementaires ne sont pas repris dans le flux fiscal classique. L’administration fiscale n’en a donc pas tenu compte lors de la notification à la mutualité. Et la mutualité envoie le courrier sur base des données connues », a exposé le ministre Vandebroucke.

Pas du démarchage

Si Mme Simonet avait fait les démarches, elle n’aurait toutefois jamais bénéficié de l’allocation majorée. « Il n’est donc pas question de démarchage, ni d’octroi automatique et non demandé. De plus, cette lettre d’invitation n’aurait jamais été envoyée si la mutualité avait pu obtenir des signaux des bases de données disponibles concernant l’ensemble de ses revenus », a poursuivi le socialiste.

MR's Daniel Bacquelaine and MR's Georges-Louis Bouchez pictured during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Wednesday 18 March 2026. BELGA PHOTO ERIC LALMANDMR's Daniel Bacquelaine and MR's Georges-Louis Bouchez pictured during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Wednesday 18 March 2026. BELGA PHOTO ERIC LALMANDA la Chambre, Daniel Bacquelaine mène la croisade contre les mutualités depuis un bout de temps. ©Belgaimage

Sa réponse a provoqué un emballement rare chez les socialistes francophones de l’opposition et leurs camarades de la majorité. Plus discrets, les membres du CD & V et des Engagés observaient la joute avec un léger sourire.

« Vous calomniez une collègue »

« Si c’est tellement scandaleux que Mme Simonet se soit vue proposer le statut BIM, que faut-il faire ? C’est simple comme bonjour, il faut accepter la proposition que j’ai faite : que l’on utilise toutes les bases de données disponibles pour garantir que toutes les personnes qui en ont besoin bénéficient de l’intervention majorée et celles qui n’y ont pas droit n’en bénéficient pas. Or, il se fait que les trois partis qui se manifestent ici sont les trois partis qui empêchent cette solution », a fait remarquer M. Vandebroucke, accusant les trois députés -Alexia Bertrand (Anders), Frieda Gijbels (N-VA) et Daniel Bacquelaine (MR)- qui l’interrogeaient d' »hypocrisie ».

Les trois députés n’ont guère apprécié. La cheffe de groupe Anders a accusé le ministre d’utiliser la situation pour imposer un cadastre des fortunes. Quant à M. Bacquelaine, il lui a répondu avec un déclaratif chargé d’une acrimonie peu commune : « Vous avez utilisé votre temps de parole pour calomnier une collègue mais pas pour répondre à nos questions. Vous n’avez pas plus de déontologie que les mutualités ».

Éléonore Simonet : « Attaques personnelles »

La réponse de la ministre Simonet n’a pas tardé : « Non, Monsieur le ministre Vandenbroucke. Recevoir un courrier de ma mutuelle – en date du 16/09/2025 (soit 7 mois après être devenue Ministre) – me proposant d’analyser ma situation afin de savoir si je rentre dans les conditions d’octroi du statut BIM, n’est pas normal. La démarche proactive menée par les mutuelles doit pouvoir être contestée. »

Éléonore Simonet a alors précisé qu’elle était ministre en 2025 et avocate ainsi que députée en 2024. « Ces éléments et revenus liés sont connus de l’administration. Plutôt que de détourner l’attention par des attaques personnelles, il serait plus utile d’apporter des réponses concrètes aux questions légitimes qui se posent sur l’octroi et la gestion du statut BIM. »