La psychose enflait depuis le 20 mai à Baden, après l’apparition de lésions cutanées sur une quarantaine d’enfants de l’école Joseph Le Brix et d’un autre établissement scolaire. Trois adultes encadrants du centre de loisirs étaient également atteints. Mardi 2 juin, l’Agence régionale de santé (ARS) avait confirmé un cas de gale. Mais elle suspectait déjà, pour les autres, un autre coupable : la chenille processionnaire du chêne, et ses poils urticants.
Ce jeudi, une dermatologue hospitalière, accompagnée du Dr Pierre Chesneau, du département de la veille et de la vigilance de l’Agence régionale de santé, s’est rendue sur place, à l’école, pour ausculter 57 personnes, dont quatre adultes. La spécialiste avait amené son dermatoscope, et a pu examiner les lésions des patients. Elle a réexaminé le patient qui avait été diagnostiqué de la gale, le mardi 2 juin. « Ce nouvel examen, l’évolution des lésions et des informations complémentaires sur sa situation ont finalement permis d’écarter le diagnostic de gale », précise l’ARS. Au-delà de ce cas particulier, « personne n’a la gale et les lésions qu‘ on a vues ne sont pas du tout des lésions de cicatrices de gale. Il n‘ y a pas de doute, pas d’épidémie de gale », conclut le Dr Chesneau. « Je remercie l’ARS, qui est venue à notre secours, a déclaré Stéphane Bédard, le maire. Parce qu’en fait, ça a été une effervescence de communication, et presque de psychose, à un moment donné. »

Nids brûlés au chalumeau

Reste que les lésions cutanées sont bien présentes, avec des démangeaisons pénibles. Ce jeudi, « un certain nombre d’enfants, au cours des consultations, ont raconté qu’ils avaient secoué des chenilles processionnaires, ou en ont mis sur leurs bras, ou sur leur ventre », rapporte le médecin de l’ARS. La mairie de Baden détruit les nids qu’elle repère « depuis le 20 mai », indique le premier édile. Les services sont intervenus sur des arbres de l’école publique et de l’espace enfance, qui est également fréquenté par les enfants de l’école privée. Les nids accessibles depuis le sol sont aspirés et brûlés. Pour ceux situés en hauteur, il faut grimper dans une nacelle et aller les brûler au chalumeau.

L’ARS reçoit beaucoup de signalements d’épidémie de gale dans les écoles du sud de la Bretagne. « Vraisemblablement, toutes les écoles où on nous signale, dans cette région, l’épidémie de gale, ça n’est pas la gale non plus, souligne le Dr Chesneau. On a une pullulation massive de chenilles processionnaires. Il y a plus de nids que les autres années. La dernière fois qu’il y a eu une pullulation de cette sorte, c’était en 2007. »