Concrètement, il est reproché à ces « consultants » d’avoir mis en place, durant plusieurs années, une fraude permettant à de nombreuses entreprises du secteur privé de déclarer au Forem le suivi de formations par leur personnel, alors qu’en réalité ces formations n’avaient pas lieu. Des formations pour lesquelles les entreprises pouvaient solliciter une intervention financière (avec commission pour les consultants) auprès du Forem. La fraude concernerait plus de 150 entreprises et s’étalerait de 2020 à 2024 nous confirme-t-on encore à l’Auditorat du travail ; le montant du préjudice s’élèverait à ce stade à 8,5 millions d’euros.

Une politique de tolérance zéro

De son côté, le ministre de l’Emploi et de l’Économie Pierre-Yves Jeholet a tenu à réagir et notamment à saluer le travail mené par les inspecteurs « régionaux » ayant permis de mettre au jour cette vaste fraude.

« J’ai pris connaissance de l’opération menée ce jour par la Police judiciaire fédérale et l’Auditorat du travail. Elle confirme le sérieux des soupçons de fraude qui avaient conduit les services régionaux à transmettre le dossier à la justice. Il appartient désormais à l’autorité judiciaire de faire toute la lumière sur les faits, dans le respect du secret de l’instruction. Si les faits sont confirmés, ils sont totalement inacceptables. Détourner l’argent de la formation, c’est priver des travailleurs d’un droit essentiel. Toute personne ayant abusé du système devra en répondre, et les montants indûment perçus seront récupérés.

Dès le départ, j’ai demandé une politique de tolérance zéro en matière de fraude et un renforcement des contrôles. Cette affaire confirme aussi une réalité : le dispositif, dans sa forme actuelle, présente des failles. Trop complexe, pas suffisamment sécurisé. C’est précisément pour y mettre fin que j’ai engagé une réforme en profondeur : des règles plus claires, des contrôles renforcés et une meilleure traçabilité. L’argent public doit servir à former réellement les travailleurs, pas à alimenter des fraudes.

Je tiens enfin à saluer le travail des services du SPW et du Forem, qui ont joué un rôle déterminant en transmettant les premiers éléments à la justice ».