« Si ses concerts illustrent sa célébrité en Flandre, la partie néerlandophone du pays, ils suscitent une interrogation en Wallonie, au sud francophone : qui est cette femme ? », écrit le correspondant à Anvers. L’auteur s’étonne que la RTBF ait publié une vidéo explicative de deux minutes sur Instagram pour présenter cette « énorme star » dont la voix « n’a pas encore franchi la frontière linguistique ».
Le New York Times profite du cas Pommelien Thijs pour expliquer cette différence culturelle propre à la Belgique : « La Flandre et la Wallonie disposent de leurs propres radios, classements musicaux et festivals. Même Taylor Swift subit cette fracture culturelle : ses chansons sont beaucoup plus diffusées et écoutées en Flandre, davantage tournée vers les cultures britannique et américaine, qu’en Wallonie », écrivent nos confrères américains.
Qui est Pommelien Thijs, la Dua Lipa flamande, actrice principale de la série « Knokke Off » ?
Le quotidien new yorkais a rencontré la chanteuse à son domicile à Anvers et l’a interrogée sur ce succès mitigé en Wallonie : « C’est comme ça », a-t-elle répondu en riant.
Elle affirme ne ressentir aucune pression pour changer la langue de ses chansons afin d’élargir son public : « Si cela signifiait abandonner complètement ma langue, je ne saurais même pas par où commencer ».
Pommelien Thijs explique au New York Times avoir grandi « dans un univers où la langue occupait une place aussi importante que la musique. » La chanteuse écrit des chansons exclusivement en néerlandais qui touchent particulièrement les jeunes générations. Elle aborde des sujets importants tels que les difficultés à accéder au logement, le climat, ou la peur de passer à côté de sa vie. « Quand on assiste à un de ses concerts, on voit les fans s’accrocher à certaines phrases comme à des bouées en pleine mer », analyse le critique musical Nick De Leu, du Standaard, interrogé par nos confrères.
Mais le New York Times termine sur une note d’espoir : Pommelien Thijs est attendue le 8 août, pour la première fois, au Ronquières Festival. Elle assure suivre des cours de français pour l’occasion et utilise l’application Duolingo pour préparer ses interventions sur scène. « La seule chose que j’espère, c’est ne pas insulter quelqu’un par accident en français », plaisante-t-elle. « Si j’évite ça, tout devrait bien se passer ».
Elle ne semblait en tout cas pas effrayée par cette nouvelle expérience, lorsqu’elle répondait au magazine Moustique : « En festival, il y a un « mood » universel. Les gens viennent pour la musique, le fun, l’énergie du moment. Personne n’y va pour critiquer. Le public veut passer un bon moment. Et je ferai de mon mieux pour lui offrir ça. Et peut‑être qu’ils apprendront un peu de néerlandais au passage (rires). »