Le graffiti s’invite au cœur du quartier Saint-Jean Saint-Pierre à Narbonne. Plus de cent jeunes ont participé à un atelier organisé par Domitia Habitat en collaboration avec l’association One-One, mêlant expression artistique, lien social et réappropriation des espaces rénovés.
Ce mercredi 3 juin se tenait un atelier graffiti au quartier Saint-Jean Saint-Pierre de Narbonne. L’évènement est organisé par Domitia Habitat en collaboration avec l’association carcassonnaise de street art One-One. Au cours de la journée, ce sont plus de 100 jeunes qui ont pu s’essayer à l’art exigeant et complexe du graffiti, notamment en réalisant des toiles qui seront exposées dans le hall de chaque bâtiment du quartier.
« Ça me fait très plaisir de superviser un tel atelier », affirme Camille, créateur et intervenant artistique de l’association One-One. « C’est une forme de reconnaissance pour cet art qui a pendant longtemps été décrié. Depuis que j’ai créé l’association en 2014, notre objectif c’est d’organiser et de participer à des évènements exigeants et bien encadrés autour de l’art de rue. Et surtout d’en faire profiter le plus grand nombre. C’est pour cela qu’on intervient dans des écoles, des collèges, des quartiers populaires et des zones isolées dans toute l’Aude. L’art de rue, c’est un moyen pour ces jeunes de s’exprimer et d’exercer leur esprit créatif », explique-t-il. « Quand j’ai commencé à le pratiquer pendant l’adolescence, l’art de rue était encore très subversif. Le pratiquer était beaucoup plus difficile qu’aujourd’hui, les bombes de peinture faites pour le graffiti n’existaient même pas ! J’essaie de donner aux jeunes ce dont je n’ai pas pu bénéficier à leur âge », déclare-t-il. Un avis sur le graffiti et l’évènement partagé par Ludovic, de son nom d’artiste « Pins » : « Je suis très heureux de pouvoir encadrer cet atelier. C’est un moyen pour moi de faire connaître le graffiti et de transmettre ma passion aux jeunes. En plus, j’ai déjà réalisé des œuvres à Narbonne. J’ai par exemple participé à la réalisation de la fresque collective de Razimbaud », nous explique le graffeur.

Une bâche éphémère exposée dans l’espace commun du quartier a aussi été réalisée.
L’Indépendant – DR
Favoriser le vivre-ensemble et l’interaction entre habitants
Un atelier également porté par Domitia Habitat, un moyen pour eux de « créer du lien entre bailleurs et locataires. Ce genre d’évènement, cela nous permet de nous rencontrer dans un cadre plus convivial », nous explique Pierre-Marie Beckaert, directeur général de Domitia Habitat. » Les bâtiments du quartier ont récemment été réhabilités. Pouvoir exposer des toiles qu’ils ont eux-même réalisées, c’est un moyen pour ces jeunes de s’approprier les lieux, et de les encourager à respecter les locaux », expliquent Jean-Luc Albert, responsable secteur et Pascale Mariot, responsable communication et animation chez Domitia Habitat. « On organise souvent ce genre d’évènements collectifs dans le quartier afin de favoriser le vivre-ensemble et de limiter l’isolement de certains locataires », nous confient-ils. Des éducatrices de l’association Accompagner, Bâtir, Prévenir étaient également présentes à l’atelier. Elles ont permis à des jeunes eux aussi ayant un accès moindre à l’art et la culture de pouvoir pratiquer le graffiti en compagnie d’artistes confirmés.