Des élèves du lycée des Terres-Rouges à Civray et du lycée Nelson-Mendela à Poitiers ont réalisé un documentaire avec l’aide d’un professionnel réalisateur : François Perlier. Ils présentaient leur film jeudi 4 juin 2026 à Ciné Malice où Céline, la directrice, était heureuse d’être un maillon facilitateur de ce projet.

Une quinzaine de lycéens des deux établissements, filles et garçons, a réalisé ce documentaire collectif intitulé Ma bouche porte deux mondes. Ils y font le récit du parcours de cinq lycéens et lycéennes exilés en France. Ils viennent d’Ukraine, du Tchad ou encore de Guinée et du Maroc, ils ont des expériences et des récits divers. Les élèves réalisateurs partagent les angoisses, la vie de déracinés, et les espérances de ces exilés, lycéens comme eux. Ils touchent de près les réalités de l’exil et peuvent combattre les idées reçues vis-à-vis des personnes migrantes.

Arrivés à Poitiers presque par hasard

La parole de ces cinq exilés porte dans l’enceinte du cinéma, ils se présentent puis c’est une voix off qui raconte leurs parcours faits de traversées de pays, de passeurs, de peurs, de naufrages… La voix décrit leurs doutes, l’incertitude de leurs situations et les espérances qu’ils nourrissent. Une espérance faite de retour au pays pour faire changer les mentalités ou d’installation en France pour fonder une famille, mais toujours avec une volonté de travail pour évoluer et sortir de la situation d’exilé.

Une résidence atelier pour le réalisateur

En amont du projet, les enseignants impliqués ont évoqué le contenu de la résidence avec François Perlier. Ils ont abordé les problématiques de l’exil et ses raisons, du parcours migratoire, de l’accueil et des difficultés d’intégration.

« L’idée de travailler avec des publics variés (lycées citadin et rural) me semblait intéressante en termes de richesse de points de vue à échanger », explique François Perlier. Pour commencer, il a présenté le documentaire La vie recommencée, en présence des protagonistes. C’était un point de départ autour de cette question de la migration, du rapport à l’autre, de l’accueil et des préjugés. « En quelques semaines, les élèves se sont emparés des techniques d’entretien, du recueil de témoignages, de restitution de la parole, des techniques de la prise de son, prise de vue, du montage, de la prise de parole en public… »

« On a entendu, disent les élèves, des histoires de vie violentes auxquelles on n’était pas préparés ; c’était parfois dur émotionnellement. » Ce travail collectif a abouti à cette restitution en salle de cinéma, sur grand écran, comme pour signifier l’importance du travail accompli.