Pourquoi ?

Parce que le processus qui assure la sécurité du réseau a parfaitement fonctionné. Il n’y a donc jamais eu de problème de sécurité. Par contre, les tuyaux se sont vidés. Et ça, techniquement, c’est quelque chose.

guillement

A 17 heures, la neige a commencé à tomber. Les points de purge ont disparu. Ça a été le chaos

La remise en route va prendre plus d’une semaine. C’est long…

Le problème principal, c’est qu’il faut fermer 12 000 points d’alimentation. Pas 11 999. Non, c’est 12 000 points qui ne peuvent plus être ouverts. On a fait au plus vite : les huissiers, les serruriers, les juges pour les autorisations… Ce sont des procédures qui ont pris du temps. Mais on n’a pas… perdu de temps.

Par contre, ça a calé à un moment donné…

Lundi, les objectifs n’étaient pas atteints. Le bourgmestre Nicolas Martin pousse un coup de gueule. Moi aussi.

Que s’est-il passé ?

Dimanche, tous les points étaient fermés. On remettait du gaz dans les conduites. Il ne peut plus rester une seule molécule d’air. Ça doit être du 100 % gaz, pour des questions de sécurité. Il faut donc tout vider, comme quand on purge un radiateur. Pour Cuesmes et Nimy, c’était bon. Pour Mons, il y a 180 points de purge sur le trottoir. Nos employés étaient à fond là-dessus dimanche après-midi. Mais à 17 heures, la neige a commencé à tomber. Les points de purge ont disparu. Ça a été le chaos.

Le second problème, c’est qu’il faut remettre du gaz dans 74 kilomètres de réseau, avec 7 points d’injection. On n’a jamais fait ça. C’était une première. Et là, on a sous-estimé le temps qu’il fallait pour y arriver.

Nicolas Martin a déclaré que si ça devait se reproduire dans une zone plus densément peuplée encore, on ne pourrait pas y faire face.

On nous a critiqués parce qu’on n’aurait pas mobilisé assez de monde. C’est un reproche que je n’accepte pas. Il ne suffit pas d’envoyer 300 techniciens sur le terrain et les voir courir partout. Il faut d’abord structurer le travail, organiser les équipes. C’est une montée en puissance.

Le bourgmestre de Mons très énervé face à la lenteur du dépannage

Rien à redire dans l’organisation de ces ressources ?

Est-ce que des employés sont passés deux fois ou trois fois chez les mêmes personnes ? Oui, il y a eu ça. Est-ce qu’il y a des leçons à tirer ? Oui. Mais on a fait au mieux. Avec tous les collègues des autres gestionnaires de réseau, on va voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. Ils sont d’ailleurs très intéressés de savoir ce qui s’est passé.

La ministre wallonne de l’Énergie Cécile Neven a demandé une analyse approfondie de cet épisode. Logique ?

Sans doute. Mais je n’ai pas besoin qu’on en demande une pour faire la même chose en interne. La pièce défaillante a passé la semaine au labo. On doit être sûr de tirer les bonnes conclusions. Nous sommes les premiers responsables. On ne cache rien.

MONS, BELGIUM - FEBRUARY 16 : Gas cut-off in Mons : operation being finalised in Nimy and Mons city centre and gas meters being reopened by ORES technicians on February 16, 2026 in Mons, Belgium, 16/02/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsMONS, BELGIUM - FEBRUARY 16 : Gas cut-off in Mons : operation being finalised in Nimy and Mons city centre and gas meters being reopened by ORES technicians on February 16, 2026 in Mons, Belgium, 16/02/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsPhoto by Didier Lebrun / Photonews ©DLE

On ne peut pas exclure que cet incident se reproduise un jour.

Pas du tout. Cette pièce, c’est une membrane qui mesure la pression. Elle est contrôlée, entretenue… Tout ça est mieux entretenu que nos voitures. Mais c’est arrivé.

Vous avez repoussé la thèse du sous-investissement…

Complètement. On n’a plus de chantiers d’extension du réseau de gaz. Nos investissements, ce sont les raccordements et l’entretien.

Mais le réseau est vaste. Certaines zones peuvent être plus vétustes que d’autres, non ?

C’est sûr qu’on n’est pas à Dubaï. Le réseau n’est pas tout neuf. Il a une septantaine d’années. Mais nos priorités, c’est l’entretien et c’est la sécurité. On ne plaisante pas avec ça.

Techniquement, la panne aurait pu être évitée ?

Je ne vois pas comment. Une pièce a arrêté de jouer son rôle. Ce n’était pas un vieux brol. Elle était entretenue.

guillement

Quand j’ai appelé Frank Vanbrabant, je lui ai dit que je pourrais sans doute avoir besoin d’équipes, mais que ce n’était pas certain encore. Une heure après, les camionnettes étaient sur l’autoroute.

Le point positif, c’est le renfort de la part des autres GRD, non ?

Oui. Resa, Sibelga, Fluvius et même les collègues français de GRDF. Ce n’est pas une surprise. On a déjà eu d’autres crises, des tempêtes, des inondations, où chacun s’est mobilisé. Quand j’ai appelé Frank Vanbrabant (NDLR: le CEO de Fluvius, le GRD flamand), je lui ai dit que je pourrais sans doute avoir besoin d’équipes, mais que ce n’était pas certain encore. Une heure après, les camionnettes étaient sur l’autoroute. Quel que soit le GRD, liégeois, bruxellois, flamands ou français, ce sont des gens qui font le même métier.

Des particuliers, des commerçants, ont perdu de l’argent à cause de cette panne. Des dédommagements sont prévus ?

Les dommages et les responsabilités, ce sont les juges qui les détermineront. Mais la responsabilité d’Ores, pour le moment, c’est de permettre aux personnes qui se sentent lésées de faire facilement une demande d’indemnité. Que le formulaire soit facile à trouver, par exemple. Sinon, oui, il y aura du droit. Ores prend ses responsabilités.