Bien sûr, ce n’est pas parce que le Bureau du Plan en parle que celle-ci sera forcément revue. D’autant qu’on ne modifie pas une loi spéciale avec une majorité simple et que l’on imagine mal les francophones qui siègent au sein de l’Arizona (MR et Les Engagés) aller dans ce sens. Néanmoins, côté francophone, certains craignent que cette idée ne finisse par percoler. C’est le cas du chef de cabinet de la ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Laurent de Briey (Les Engagés). « Ce serait une mauvaise idée de revoir la loi spéciale de financement à la baisse parce qu’elle nous sera plus favorable dans les années qui viennent », souligne-t-il.

Elisabeth Degryse : « Si la création d’un CDI pour les enseignants est impayable, nous ne la ferons pas »

Cet élément avancé par Monsieur de Briey est aussi celui de l’opposition qui considère que ce futur proche budgétaire plus favorable aux finances francophones devrait encourager le gouvernement à reculer sur les économies décidées en octobre dernier. Cela soulagerait l’ensemble des secteurs, notamment l’enseignement qui fut au cœur des discussions et du courroux des profs jeudi devant et dans le Parlement. Inutile de revenir là-dessus…

Laurent de Briey ne partage cependant pas ce point de vue. À ses yeux, c’est « parce que nous allons réaliser des économies que la LSF sera plus favorable. Si nous ne faisons rien, tout cela nous servira juste à rembourser de la dette au lieu de réduire le déficit ». Et par ce biais, le chef de cabinet rappelle ce que sa patronne, Elisabeth Degryse (Les Engagés), martèle depuis de nombreuses semaines : « Les économies réalisées permettront de retrouver des moyens pour investir à nouveau ».

Degryse et Glatigny rappellent que des mesures d’accompagnements sont prévues pour atténuer les effets du décretL’évolution démographique

Quelles sont les raisons de cette amélioration naturelle des finances francophones dans les années qui viennent ? « En 2028, la cotisation de responsabilisation pour les pensions aura atteint sa vitesse de croisière. Nos recettes évolueront à nouveau avec le coefficient d’adaptation démographique. En effet, ce calcul qui se base sur l’évolution démographique dans les deux communautés depuis 1989 va s’inverser et cela aura un impact à la hausse sur la dotation − L’évolution côté francophone va diminuer », précise Laurent De Briey. Il explique aussi que « le mécanisme de transition continuera à se réduire. Cela améliorera notre situation budgétaire d’environ une centaine de millions d’euros par an ».

Il ajoute à cela que « le recul démographique qui a pesé négativement sur nos recettes dans un premier temps devrait également signifier une réduction de nos dépenses, tandis que les coûts commenceront à se réduire, notamment grâce à la politique de lutte contre le redoublement ».