À l’approche de l’été, de nombreuses personnes se rendent dans des centres de bronzage et utilisent des cabines UV. Une habitude décriée par les professionnels de santé mais défendue par les exploitants et utilisateurs.
Les dermatologues souhaitent tout d’abord alerter sur l’idée reçue selon laquelle les cabines UV aideraient à protéger sa peau. « Ça ne veut rien dire. C’est en fait un argument pour s’exposer encore plus au soleil », assure Marie-Aleth Richard, cheffe du service dermatologie et cancérologie cutanée à l’hôpital de la Timone à Marseille.
Un problème également pointé du doigt par Nadège Dekenuydt, co-présidente de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté et spas (CNAIB-SPA) : « Il y a la fausse idée reçue que le bronzage prépare au soleil. C’est principalement un aspect esthétique. »
De nombreux risques pour la santé
Catherine Oliveres Ghouti, membre du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV), alerte sur le fait que les cabines UV font « vieillir la peau, pénètrent le derme » et abîment la paroi des cellules. Elle évoque trois principaux dangers : le vieillissement de la peau, des rides et taches, les cancers cutanés. « Le risque de mélanome est multiplié par 3 par rapport à l’exposition solaire », assure-t-elle. Surtout, « les UV des cabines sont en plus de ceux que vous prenez dans vos expositions quotidiennes », complète la Pr Marie-Aleth Richard.
Mais les professionnels se défendent. « C’est une pratique très encadrée en France », souligne Nadège Dekenuydt, qui explique que les opérateurs doivent suivre une formation « sur les UV, leurs effets et les contre-indications » en plus des contrôles réguliers effectués sur les bancs.
Les dermatologues pointent des « marchands de soleil »
En tout cas, pas d’inquiétude du côté de la plupart des habitués des cabines à UV. « Il faut que je garde mon bronzage jusqu’aux sorties plages. Tous mes proches en font et personne n’a jamais eu aucun problème », confie l’Aixoise Céline. Même son de cloche du côté de ce Marseillais à la retraite, Jean, qui s’y rend pour « peaufiner mon teint sans dépendre du soleil. Ça fait 2-3 ans que je m’y suis mis et depuis j’y suis addict ».
Pourtant, les dermatologues insistent : « On ne peut pas se protéger dans des cabines UV ! ». La dermatologue du SNDV dénonce des « marchands de soleil » qui encouragent cette pratique. Le fait est qu’une protection n’est pas possible, alerte également Marie-Aleth Richard : « Sur le coup vous avez bonne mine. Mais sur le long terme il y a des dégâts que l’on ne peut pas réparer, notamment le cancer de la peau. »
Un problème de santé subi par Aline*, qui y allait régulièrement jusqu’à ce que son médecin lui diagnostique un mélanome. Depuis son opération, la quadragénaire a arrêté cette pratique. « Si on n’alerte pas assez les clients, comme c’était mon cas, il faudrait interdire les cabines UV », estime-t-elle.
Une demande que fait le SNDV depuis des années et soutenue par de nombreux dermatologues. « Il est demandé qu’il y ait une interdiction des cabines au niveau européen. Ces pratiques sont du non-sens », alerte la cheffe du service dermatologie et cancérologie cutanée de la Timone.
La co-présidente du CNAIB-SPA estime quant à elle qu’il faut renforcer la prévention en général. « On est sur une population qui s’expose beaucoup au soleil, l’important c’est la sensibilisation en général », explique-t-elle. Une demande pas suffisante pour les dermatologues qui réitèrent leurs campagnes de prévention chaque année à l’approche de la saison des plages.
* Prénom modifié