« La police a eu recours à des autopompes, à du gaz lacrymogène et a asséné des coups de matraque de manière indistincte », déplore l’organisme. « En réaction à ces violences, des enseignants et enseignantes ont dû former une chaîne humaine pour protéger leurs élèves. »
La Ligue des droits humains critique également l’emploi de la technique de la nasse par la police, alors même qu’elle a été déclarée illégale dans un jugement du tribunal de première instance de Bruxelles.
« Au vu des images et des témoignages reçus, la disproportion de la réaction policière à l’encontre d’enseignants et d’élèves rassemblés contre le vote du décret-programme au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est manifeste », souligne-t-elle encore. « La LDH rappelle que la proportionnalité est une exigence légale du recours à la force par la police. »
Des arrestations préventives de personnes qui se rendaient à la manifestation sans aucunement troubler l’ordre public sont aussi dénoncées : « Par tous ces comportements, la police se place dans l’illégalité et empêche l’expression d’une colère légitime par un déferlement de violence inadmissible. Le recours disproportionné à la force et les obstacles posés pour rejoindre la manifestation ont dissuadé de nombreuses personnes de rejoindre le lieu de rassemblement : ayant pris peur, de nombreux enseignants et élèves ont rebroussé chemin ».
La police se défend
La zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles s’est quant à elle défendue dans un communiqué : « Lors de l’intervention des pompiers sur des infrastructures incendiées, ceux-ci ont dû quitter immédiatement les lieux, car ils étaient pris pour cible, notamment de feux d’artifice et d’autres projectiles. Compte tenu de l’ampleur de l’incendie à la gare de Bruxelles-Central (des dizaines de vélos électriques et de trottinettes incendiés), qui prenait des proportions dangereuses, une intervention des services de police s’est avérée nécessaire pour éteindre le feu à l’aide d’une arroseuse. Les bâtiments environnants – ainsi que les personnes se trouvant à l’intérieur et aux abords – étaient clairement menacés, tout comme la santé publique en raison des fumées toxiques. »
La police reconnaît avoir eu recours au gaz lacrymogène pour disperser la foule, mais nuance : « Des images et des témoignages circulent, notamment sur les réseaux sociaux, selon lesquels la police aurait fait usage d’une force disproportionnée. Nous tenons à souligner que ces images ne représentent souvent qu’un instantané et qu’elles sont souvent décontextualisées. En tant que zone de police, nous cherchons à tout moment à garantir la sécurité de chacun. »
La police dit regretter qu' »une partie de la manifestation ait dégénéré » et estime que des « fauteurs de troubles s’étaient mêlés aux personnes présentes dans le seul but de commettre des actes de vandalisme ».
Environ 3.000 enseignants et élèves ont manifesté à Bruxelles, devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.