La tristesse règne chez les enseignants : « On est traité avec beaucoup de mépris »

Les enseignants ne sont pas à blâmer. Eux aussi traversent une situation qu’ils n’ont pas choisie. Malgré leur colère, ils doivent adapter leurs évaluations, revoir leur organisation et prendre, souvent dans l’urgence, les décisions qu’ils estiment les plus justes pour leurs élèves. Mais cela ne fait pas disparaître le sentiment d’iniquité qui s’installe.

Car tous les élèves ne seront pas affectés de la même manière. Certains seront avantagés par une évaluation davantage fondée sur le travail accompli tout au long de l’année. D’autres, au contraire, comptaient sur les examens de juin pour redresser la barre. Chaque enseignant connaît ces élèves qui peinent à maintenir leurs efforts pendant des mois mais qui trouvent, à l’approche des examens, une motivation nouvelle et parfois décisive. Pour eux, la session de juin représente souvent une seconde chance. Et celle-ci doit leur être offerte partout, sans exception.

« La colère ne va pas retomber, je n’ai plus vu de mobilisation de cette ampleur depuis les grèves de 1996 »

Même si chaque décision se justifie localement, tous les élèves ne termineront pas leur année dans les mêmes conditions. La question dépasse d’ailleurs celle des examens. Elle concerne aussi les apprentissages eux-mêmes. Dans quelques mois, des élèves entreront dans la même classe avec des bagages parfois différents. Certains auront parcouru l’intégralité du programme. D’autres non. Ces écarts ne figureront sur aucun bulletin…

L’école ne parvient pas toujours à corriger les inégalités de la société. C’est une réalité. Mais elle devrait au moins éviter d’en créer de nouvelles. Parce qu’au-delà de la confiance évoquée ici hier, c’est aussi le sentiment de justice qui fait tenir l’école.