La justice risque de « se retrouver absolument débordée » dans le traitement des violences sexuelles des enfants, alerte lundi la députée écologiste Sandrine Rousseau qui appelle à « une révolution des moyens ».
Selon Sandrine Rousseau, dans ces affaires, « il n’y a que dans un cas sur dix où une plainte est déposée. Ensuite, près de sept plaintes sur dix sont classées sans suite. Donc, c’est presque miraculeux qu’il y ait des condamnations, et c’est ça qui dysfonctionne profondément », a ajouté la députée sur Sud Radio.
« On ne va pas pouvoir (…) dire à tous les enfants qui ont été victimes, à tous les adultes et particulièrement les femmes qui ont été victimes, d’aller déposer plainte sans avoir une révolution dans la justice, une révolution des moyens, une révolution des instructions », a-t-elle poursuivi.
Sandrine Rousseau est co-rapportrice d’une mission lancée à l’Assemblée après l’affaire Le Scouarnec, le chirurgien pédocriminel reconnu coupable de viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes.
Les auditions menées lui ont permis de constater « qu’il y a eu des évolutions » dans le traitement des plaintes mais « qui ne sont pas du tout à la mesure de l’ampleur du problème ».
« Quelque part, nous sommes à l’aboutissement du mouvement MeToo qui conduit à ce qu’il y ait cet engorgement des tribunaux. S’il n’y a pas autre chose que des rappels à l’ordre des procureurs, nous allons dans le mur », a-t-elle estimé.