Il est rapidement pris en charge et emmené à l’hôpital le plus proche. Le constat était sans appel: Téo a le nez cassé, les pommettes et les sinus explosés, ses yeux décalés et la mâchoire facturée. »Je suis resté cinq jours à l’hôpital, en Égypte. C’était horrible. J’ai été opéré une première fois dans l’optique de me stabiliser, pas pour me guérir. Je recevais très peu d’informations. Je mangeais à la paille car je ne parvenais plus à déglutir. Dès que j’ai quitté les soins intensifs, on m’a placé dans un avion commercial en direction de la Belgique. Je n’étais même plus sous morphine. »
40 vis dans le visage
À peine arrivé en Belgique, il a été pris en charge par un chirurgien à Charleroi. « L’opération a duré 9h. Je vis aujourd’hui avec 8 plaques et 40 vis dans le visage. J’attends une opération pour mes dents et j’ai toujours un problème à l’oeil et à l’oreille. Je dois attendre un an pour refaire mon nez. Je subirai également de la chirurgie plastique pour récupérer ma lèvre. Je respire moins bien qu’avant mais je m’estime heureux car quelques centimètres plus haut, comme m’expliquait le chirurgien, j’y passais… Il m’a clairement dit que j’étais un miraculé car mon cerveau n’a pas été touché. »
Un mois après l’accident, Téo reprend goût à la vie. Et s’il témoigne aujourd’hui, c’est parce qu’il souhaite sensibiliser les animateurs et entraîneurs à l’approche des stages d’été, des sixtes et de la reprise du championnat de football. « Je n’ai jamais pensé une seule seconde que ça pouvait m’arriver. Et finalement… J’aimerais que mon expérience serve de leçon, de piqûre de rappel. Je joue au football et je sais qu’accrocher les goals, ce n’est pas un réflexe. Sur un terrain synthétique, on oublie souvent de mettre les poids aux pieds des goals. »
« J’hallucinais »
Les conséquences ne sont pas uniquement physiques pour Téo. « Les premiers jours, j’avais envie de mourir. J’étais loin de ma famille, sans information. Je pensais que je ne m’en remettrais jamais. Je ne dormais plus, j’hallucinais. Et puis j’ai eu le soutien de mes proches ainsi que les bonnes nouvelles du médecin. Avec le temps, je ne devrais avoir aucune séquelle. Les opérations me permettront, également, de retrouver mon visage. »
S’il a repris du poil de la bête, ses parents sont aujourd’hui en contact constant avec les assurances. Un long chemin qui semble, tout doucement, trouver une issue favorable. « Si ce témoignage peut éviter un drame… Pour ma part, je sais que le combat sera long, notamment pour retrouver toute ma sensibilité. »