Le père et le fils qui gèrent l’exploitation agricole sont poursuivis pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution et pour d’autres préventions liées à la réglementation sur la protection au travail.

« Nous demanderons l’acquittement concernant l’homicide involontaire. Mes clients le contestent totalement », a annoncé leur avocat, Me Sébastien Humblet, représenté par deux collaborateurs à l’audience.

Mais l’avocat qui représente le frère, la sœur et la mère de Jean-François, constitués parties civiles, n’est absolument pas de cet avis.

« Il y a eu une série de négligences notamment au niveau de la formation de cet ouvrier agricole, de l’analyse de risques ou encore par rapport aux documents remis au contrôle du bien-être au travail », a estimé Me Marc-Antoine Legrand, qui réclame à ce stade 1€ à titre provisionnel en attendant la fixation du montant définitif du dommage moral.

Me Legrand défend les intérêts des parties civiles dans ce dossier.Me Legrand défend les intérêts des parties civiles dans ce dossier.Me Legrand défend les intérêts des parties civiles dans ce dossier. ©J.Do.Fait similaire 2 jours avant

Interviewé après l’audience, Me Legrand a ajouté qu’un événement qui eu lieu deux jours avant l’accident de travail mortel aurait dû alerter le père et le fils de l’exploitation agricole.

« Un autre ouvrier a lui aussi été touché par un taureau, pas avec la même gravité heureusement, a-t-il indiqué. Le taureau a pourtant été remis dans la même prairie alors qu’il était tout excité. »

Pour lui, le père et le fils minimisent et sont d’une mauvaise foi déconcertante, faisant même passer la victime pour responsable de son malheur.

Me Sébastien Humblet assure au contraire que ses clients sont toujours forts peinés deux ans plus tard, d’autant plus qu’ils connaissaient bien la victime puisque l’épouse du père était la marraine de Jean-François et le fils, son cousin. « C’est le drame de leur vie. »

D’après l’avocat, Jean-François lui-même ne s’était pas inquiété de l’attitude du taureau deux jours plus tôt. « Il n’avait rien ressenti d’inquiétant et ne craignait pas du tout les animaux », a-t-il affirmé.

Pour l’avocat de la défense, ce serait même plutôt la victime qui aurait commis des imprudences. « Il a pris des risques. Il a préféré aller dans la prairie à pied plutôt que d’utiliser le quad. Comble de la malchance :ce jour-là, il n’avait pas son GSM sur lui car il l’avait mis à charger », a-t-il expliqué.

L’autopsie a révélé la présence de contusions et de pressions sur le corps de la victime que l’on peut attribuer à des heurts d’un animal de grande taille.

Néanmoins, Me Humblet émet certains doutes qui doivent selon lui jouer en la faveur de ses clients: « La victime a très bien pu faire un malaise ou tomber avant de se faire piétiner. Ou elle a pu être heurtée par un quelconque animal, autre que ce taureau. Mais il n’y avait ni témoin ni caméra ce jour-là pour établir ce qu’il s’est passé. »

Il estime donc qu’il ne faut pas faire des raccourcis trop rapidement et qu’il n’y a pas de lien entre d’éventuelles lacunes des propriétaires et ce malheureux décès.

Les différentes parties se retrouveront pour plaider le 9 février 2027.