« L’information est arrivée par voie numérique. Aucune explication n’a été donnée, les élèves n’ayant pas eu ce mardi de contact avec leur titulaire. Dans les boucles WhatsApp entre parents, on se demande tous si ce n’était pas une blague. Voilà maintenant trois semaines que nos enfants sont livrés à eux-mêmes, sans encadrement scolaire », a signalé une maman à La DH.

Activité obligatoire

L’autre pierre d’achoppement, c’est le caractère « obligatoire » de l’activité qui est « considérée comme une journée scolaire ». Toute absence doit être justifiée et déclarée à l’éducateur des premières. « Et là on a une sortie de loisirs facturée 15 euros, est non seulement obligatoire mais en plus est considérée comme une journée scolaire, toute absence devant être justifiée auprès de l’école. Pour obtenir le soutien des parents au mouvement de grève des profs, avouez qu’on a vu mieux…. », poursuit la mère, qui malgré tout va inscrire sa fille. « L’organisation est douteuse, les élèves sont invités à se rendre par leurs propres moyens au laser game. On aurait pu à tout le moins espérer un départ depuis l’école avec un encadrement approprié pour une ‘sortie scolaire’. »

Le coût ne passe bien non plus auprès de ce parent. « Pour les parents, l’explication est toute faite. 15 euros sont demandés par élève. Vous avez 75 élèves pour les trois classes concernées, soit un chiffre d’affaires de 1.125 euros. Lorsque vous allez consulter le site du laser game (coffee shop Beaubon à Woluwe), la privatisation du lieu pour 70 personnes coûte 450 euros. L’école génère donc un bénéfice de 675 euros… pour trois classes. Imaginez si toutes les classes de première secondaire sont concernées. Au Collège Saint-Michel, il y en a 12. Faites le calcul. La seule explication, c’est que même en période de grève, la direction s’applique à faire rentrer de l’argent dans les caisses. Vous avez dit gratuité à l’école ? », analyse-t-elle.

La direction du collège se défend

Du côté de la direction, on tempère. « Seules trois classes sur les douze sont concernées et cela se passe après la période d’examens. Ce sera durant les délibérations, moment où les élèves ne viennent pas à l’école car ce sont des jours blancs. Les professeurs encadrent bénévolement cette activité qui ne fait pas partie à proprement parler de leur charge de travail et ils le font entre les délibérations pour lesquelles ils ne sont pas concernés. Mais c’est l’occasion d’une dernière fois voir les élèves de manière plus festive », réagit Benoît Gallez. « Cette activité est organisée à l’initiative d’une déléguée de parents accompagnée par trois enseignants titulaires. »

Quant à l’aspect obligatoire de l’activité, le directeur justifie cela par précaution et simplification pour l’école. « Les enseignants et la direction engagent leur responsabilité. Le caractère obligatoire, c’est pour ne pas devoir se poser des questions sur l’absence éventuelle d’un élève car si un jeune n’est pas là, on doit savoir pourquoi », précise Benoît Gallez. « Ce n’est pas vraiment ‘obligatoire’. Si quelqu’un ne veut pas participer, il n’a qu’à prévenir. »