L’histoire de l’humanité est marquée par plusieurs étapes majeures, comme la bipédie et l’apparition des premiers outils en pierre, qui ont progressivement façonné les capacités techniques de notre lignée. La maîtrise du feu constitue l’un de ces jalons essentiels. Apport de chaleur, protection contre les prédateurs, éclairage, cuisson des aliments, fabrication d’outils…, le feu a en effet profondément modifié le mode de vie des groupes humains préhistoriques, en élargissant leurs capacités d’adaptation à l’environnement.
Les outils de pierre taillée vieux de plusieurs millions d’années sont l’œuvre des membres de la lignée humaine de genre Homo, qui ont développé une technologie nouvelle nécessaire à leur avènement… Du moins c’est ce que l’on peut s’imaginer à partir de ce que la recherche est en mesure d’affirmer, mais cette conception pourrait bien changer…. Lire la suite
Un usage du feu très ancien
L’archéologie nous enseigne que nos ancêtres ont réellement appris à « faire du feu » il y a environ 400 000 ans. Mais l’usage de cet élément est bien plus ancien. Le feu se trouve en effet de façon naturelle dans l’environnement. Les impacts de foudre et les éruptions volcaniques sont ainsi capables d’allumer des incendies.
Les traces de feux de forêts ou de brousses sont d’ailleurs très fréquents dans les registres fossiles et il est très probable que bien avant de maitriser les techniques permettant d’allumer un feu, les Hommes de la Préhistoire ont appris à le maîtriser en récupérant des braises après un incendie d’origine naturelle.

La vraie première utilisation du feu n’a rien à voir avec ce que vous pensez !
Les plus anciennes preuves d’une utilisation du feu par les premiers humains remontent à 1,8 million d’années. Ce n’est cependant qu’à partir de 400 000 ans qu’il aurait été utilisé pour cuire de la viande, se chauffer et s’éclairer. Mais à quoi pouvait bien servir le feu avant cette date ?… Lire la suite
Les plus anciennes preuves reconnues d’un tel usage primitif du feu ont été trouvées en Afrique, et tout particulièrement dans la grotte de Wonderwerk en Afrique du Sud. Des traces de cendres, d’os, de pierre et de sédiments brûlés retrouvés à l’intérieur de la grotte suggèrent que les groupes humains ayant vécu là il y a 1 million d’années utilisaient déjà le feu.
Des traces plus anciennes retrouvées sur d’autres sites archéologiques en plein air laissent penser que cette maîtrise du feu pourrait être encore bien plus ancienne. Ces témoignages fossiles font toutefois débat, les chercheurs n’arrivant pas clairement à savoir si ces traces ont été laissées par un incendie naturel ou par un foyer humain. Une nouvelle étude pourrait cependant apporter des preuves solides étayant l’idée d’une maîtrise du feu plus ancienne.

Depuis quand nos ancêtres ont-ils appris à maitriser le feu ? © Marco, Adobe Stock
Des traces d’un foyer pouvant dater de 1,79 million d’années
C’est encore la grotte de Wonderwerk qui nous les apporte. Une équipe de chercheurs s’est aventurée plus profondément dans la grotte pour aller étudier un niveau sédimentaire plus ancien, datant de 1,07 à 1,79 million d’années. Des petits os de mammifères y ont été découverts. À première vue, difficile de savoir si ces os avaient été soumis au feu, mais une analyse détaillée par luminescence a clairement mis en évidence des fragments calcinés.
La grotte de Wonderwerk en Afrique du Sud a dévoilé la présence d’anciens foyers à plus de 30 mètres de l’entrée. Ils dateraient d’entre 1,07 et 1,79 million d’années. © Marin-Monfort et al., 2026, PLOS One
Il est difficile d’attribuer une cause naturelle à un feu situé à plus de 30 mètres de l’entrée d’une grotte. Pour les chercheurs, il s’agit donc très probablement d’un foyer d’origine humaine. De plus, l’équipe a identifié une récurrence des traces de calcination sur plusieurs niveaux stratigraphiques, ce qui laisse penser à une utilisation répétée. Si l’étude, publiée dans la revue PLOS One, n’apporte pas de datation précise pour les traces les plus anciennes, celles-ci pourraient potentiellement remonter à 1,79 million d’années.
« En utilisant ces méthodes, nous apportons des preuves de l’utilisation du feu dans deux dépôts sédimentaires du début du Pléistocène (Acheuléen) dans la grotte de Wonderwerk (Afrique du Sud), ce qui prolonge la chronologie de l’un des plus anciens enregistrements de paléofeu au monde », concluent les chercheurs.
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