Thomas Pesquet et Arnaud Prost partiront dans l’espace en 2027
9 juin 2026
Michel Messager
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Techno
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En marge du sommet ‘’Choose France’’, Emmanuel Macron a annoncé le 1er juin dernier que les deux astronautes Thomas Pesquet et Arnaud Prost, partiront dans l’espace en 2027. « Cela confirme l’ambition spatiale de la France », a écrit le chef de l’État sur X.
La France par cet accord devient le partenaire privilégié de la prochaine mission privée, lancée par Vast, via SpaceX vers la Station spatiale Vast Space
Cette annonce a été reprise par tous les médias, relayée en ces termes par le Cnes :
« Cet accord montre la reconnaissance par la communauté internationale de l’expertise française dans le vol habité aussi bien celle de nos astronautes que celles des équipes françaises dans la préparation et la réalisation des missions. »
Faut-il voir dans cet accord une étape majeure pour le spatial français ? Analysons en détail celui-ci.
A Voir.
https://www.youtube.com/watch?v=Na34gUzRibo
https://www.youtube.com/watch?v=j2qFOJc8iZo
Anticipant déjà le vol à destination de la station spatiale américaine privée ‘’Vast’’, le Cnes déclare suite au propos du Président : « La France, seul pays européen à compter trois astronautes en activité.
Troisième vol dans l’espace pour Thomas Pesquet et une grande première pour Arnaud Prost », le Cnes, rappelant que la Française Sophie Adenot est actuellement à bord de l’ISS.
Le contrat signé entre la France et ‘’Vast’’, pour ce que l’on en sait aujourd’hui, consiste à permettre avant tout aux deux astronautes français, Thomas Pesquet et Arnaud Prost d’effectuer au cours de deux missions des vols à destination de l’ISS et de la station spatiale américaine privée ‘’Vast’’.
Thomas Pesquet, 48 ans, devrait commander une première mission de ‘’Vast’’ vers la Station spatiale internationale. Puis, il est prévu qu’Arnaud Prost, 34 ans, participe au vol d’essai vers la station spatiale commerciale développée par ‘’Vast’’, appelée Haven-1.
Soulignons que ‘’Vast’’ par cet accord implantera le siège social de Vast Europe, à Paris, et en confiera la présidence à Giorgio Saccoccia, ex-patron de l’agence spatiale italienne et ex-conseiller de Josef Aschbacher, le directeur général de l’Esa.
En outre, la France apportera, avec le Cnes, « des compétences éprouvées depuis plus d’un demi-siècle et les capacités d’une industrie, forte de plus de 1 700 entreprises, active dans le domaine civil et militaire. »
Le Cnes fera bénéficier Vast Space de son expertise en termes de préparations de missions habitées et d’expériences scientifiques en orbite.
La société Vast et son Président Jed McCaleb
Basée en Californie, l’entreprise ‘’Vast’’ fondée en 2021 par le milliardaire des cryptomonnaies Jed McCaleb, ambitionne à terme de remplacer la Station spatiale internationale (ISS), qui doit être mise hors service en 2030 avec Haven-2, une version plus grande de Haven-1 qui elle, doit être mise en service en 2027.
Jed McCaleb, 51 ans, n’a toutefois aucune expérience dans le domaine spatial. Sa fortune, estimée à 3,9 milliards de dollars par Forbes, provient essentiellement des cryptomonnaies.
Ce pionnier de la blockchain est connu pour avoir fondé, en 2010, Mt.Gox, la première grande plateforme d’échange de bitcoins. Il l’a revendue avant sa retentissante faillite intervenue en 2014, après le piratage de 850.000 bitcoins appartenant aux clients.
McCaleb a ensuite cofondé Ripple et la cryptomonnaie XRP, ayant aujourd’hui la cinquième plus grosse capitalisation de ce marché.
Pour mener à bien son projet, Jed McCaleb aurait déjà investi plus de 500 millions de dollars et a recruté de nombreux conseillers techniques importants comme Yang Li, Hans Koenigsmann et Will Heltsley.
L’enjeu est donc de taille pour ‘’Vast’’, dont le fondateur vient de lever 500 millions supplémentaires, en mars 2026, auprès d’un pool d’investisseurs privés.
Pourquoi ‘’Vast’’ a souhaité signer avec la France ? Il faut savoir que la société californienne a déjà signé, en avril 2025, un accord avec la start-up tricolore Interstellar Lab, qui est devenue le partenaire en charges utiles de Haven-1, aux côtés du japonais JAMSS et du luxembourgeois Exobiosphere.
La Station Spatiale Vast
Pour l’instant, les informations techniques disponibles sont peu nombreuses.
On sait que la station construite en un seul bloc, pèsera près de 14 tonnes et orbitera à un peu plus de 400 kilomètres d’altitude, comme l’ISS.
D’une dizaine de mètres de long pour 4,4 m de diamètre, la station consistera en une sorte de cylindre avec un volume pressurisé de 45 mètres cubes.
Ce qui correspond plus ou moins à la taille en volume d’un appartement T4.
Haven-1 sera conçue pour des séjours courts allant jusqu’à un mois tout au plus, et ne devrait fonctionner que durant trois ans.
Un accord gagnant-gagnant ?
Certains experts se montrent quelque peu sceptiques sur le choix, le fondement et la surmédiatisation de cet accord, dont on ne possède pas encore les contre parties financières…
En effet, combien la France paie-t-elle pour ces deux missions ? Le montant de l’accord n’a pas été dévoilé et ceci pourtant dans un contexte de fortes contraintes budgétaires.
Autre question : s’agit-il d’un contrat signé ou d’un accord de principe ?
Le conditionnel est utilisé à plusieurs reprises dans le communiqué officiel, pose question.
« Et si l’accord consistait simplement à une simple négociation pour deux semaines en orbite pour deux astronautes français…Derrière la mise en scène, le montage dit autre chose : la France achète une prestation commerciale à Vast, une entreprise américaine financée par une fortune issue de la crypto et dépendante de SpaceX pour le transport » résume le député Arnaud Saint-Martin et spécialiste de l’espace.
Il est vrai que lorsque l’on parle de la souveraineté de l’Europe et de la France en matière spatial, et quand on sait que Haven-1 repose totalement sur l’écosystème SpaceX : Falcon 9 pour le lancement, Crew Dragon pour le transport des équipages, Starlink pour la connectivité… la question de notre politique spatiale peut aussi se poser.
Enfin, n’oublions pas qu’Haven-1 est encore en cours d’assemblage et n’a jamais volé.
Les risques de retard, déjà nombreux, ou de complications techniques sont réels, même si le communiqué préfère les minimiser.
Ma conclusion face à cette médiatisation voulue par le Président de la République à l’occasion de ‘’Choose France’’ : Il faudrait peut-être que l’on retourne un peu sur Terre…et savoir raison garder. Attendons donc 2027 !
Michel Messager


