« Le tribunal a considéré que l’activité de corrida ne saurait revêtir la qualité de sport et que dès lors, les arènes ne constituaient pas une enceinte sportive. Dans ces conditions, les délits ne sont pas constitués », venait d’expliquer la présidente du tribunal, Anne-Carine David.

« Dénoncer ces spectacles barbares » : le youtubeur Jeremstar sans regret devant la justice après une action anticorrida

Elle a prononcé la « relaxe » de Jeremstar, Jérémy Gisclon de son vrai nom, et des quatre activistes anti-corrida qui étaient jugés à ses côtés pour avoir surgi au milieu de l’arène de la ville antique en septembre 2025, en brandissant un tissu portant l’inscription « F*CK la CORRIDA ».

Lors de l’audience le 2 avril, le parquet avait requis à son encontre une amende de 5.000 à 6.000 euros, avec interdiction de fréquenter les arènes, alors qu’il encourait en théorie jusqu’à un an d’emprisonnement.

Sur le plan juridique, il était poursuivi pour être « entré illégalement dans une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition », selon un article du code du sport.

Le tribunal devait dès lors principalement trancher sur le point de savoir si les spectacles tauromachiques peuvent être considérés comme des compétitions sportives, comme l’a soutenu le parquet, y voyant une « compétition contre un taureau et entre toreros ».

« À choisir, j’aurais préféré être condamné car cela voudrait dire qu’on reconnaît la corrida comme un sport et donc qu’elle doit être interdite, parce que dans le cadre du Code du sport, il est interdit de torturer des animaux. Donc c’est une victoire, mais en demi-teinte », a estimé Jeremstar.

« Je compte faire un scandale si je suis condamné! »: Jeremstar et son action « F*uck Corrida », qui lui a valu 48 heures de garde à vue, bientôt en procès

Le parquet a désormais six jours pour faire appel.

Le blogueur avait été accueilli devant le tribunal, situé juste à côté des arènes, par entre 100 et 200 fans dont beaucoup portaient des pancartes indiquant « Abolissons la corrida! », mais aussi par quelques jeunes hommes qui ont lancé « Vive la corrida ».

La corrida, spectacle de tauromachie d’origine espagnole dans lequel un torero (ou matador) affronte et met à mort un taureau de combat, provoque régulièrement des débats dans l’Hexagone entre défenseurs de cette « tradition culturelle régionale » et militants de la cause animale.

Elle est légalement autorisée depuis 1951 dans une dizaine de départements du Sud de la France où elle représente une « tradition locale ininterrompue ». Cela constitue, selon le Code pénal, une exception à l’interdiction générale d' »exercer des sévices graves ou commettre un acte de cruauté envers un animal ».