« Je vous adresse cette lettre ouverte en tant que député bruxellois du Mouvement réformateur, dans l’exercice plein et entier de mon mandat parlementaire », précise d’emblée M. Willocx. « Le ministre-président, Boris Dilliès, a accordé ce week-end une interview à La Libre dans laquelle il qualifie les parlementaires MR qui expriment des divergences de ‘frustrés en manque de notoriété’, les accusant de ‘off destructeurs’ et de ‘posts malveillants’. Cette charge vise notamment mes prises de position récentes sur l’orientation du parti. »
Olivier Willocx dit « vouloir rétablir les faits ». Selon lui, « depuis la formation de ce gouvernement, les députés MR de la majorité bruxelloise ont accepté, à la demande expresse de la direction du parti, de faire preuve de retenue : ne pas déposer de textes, laisser le gouvernement travailler, lui donner le temps et l’espace nécessaires pour s’installer et agir. Nous avons respecté cette discipline, par loyauté envers la coalition et par sens des responsabilités envers les Bruxellois ».
Willocx interpelle Bouchez et Weytsman
L’élu bruxellois dit s’être « interdit, jusqu’à présent, toute critique de l’action du gouvernement pour les mêmes raisons. En retour, on nous offre du mépris ».
L’ancien président de la Chambre de commerce bruxelloise (Beci) précise : « Exprimer publiquement des interrogations sur la stratégie politique d’un parti — ce que j’ai fait, en mon nom, sans anonymat et sans ambiguïté — est précisément l’une des fonctions d’un élu. Le Parlement bruxellois n’est pas une chambre d’entérinement. Notre rôle est de soutenir la majorité, certes, mais aussi et surtout de contrôler l’action du gouvernement. C’est la base de notre système démocratique belge. Qualifier cet exercice de ‘petite musique’ distillée par des élus frustrés, c’est confondre la loyauté avec la soumission. Ce n’est pas ce que j’ai signé ».
Olivier Willocx dit maintenant « attendre du ministre-président et de son gouvernement de l’action, de la clarté, et du respect envers les parlementaires de sa propre formation politique. Ce respect n’est pas un luxe — il est la condition minimale d’une majorité qui fonctionne dans la durée ».
L’élu demande à Georges-Louis Bouchez et David Weytsman de « clarifier publiquement quel espace est reconnu aux parlementaires MR pour exercer leur mission de contrôle et exprimer leurs analyses, sans s’exposer à des attaques personnelles de la part du chef de gouvernement qu’ils soutiennent ».