Foyer anderlechtois: changement en vue? Un CA extraordinaire prévu ce mardiUn naufrage financier et judiciaire
Fondée en l’an 2000, l’AIS de Saint-Josse gérait jusqu’à sa faillite, prononcée fin 2025, quelque 230 logements privés. Croulant sous plus d’un demi-million d’euros de dettes, la structure avait vu ses comptes financiers faire l’objet en 2024 d’un premier examen de la part de la Société régionale du logement de la Région bruxelloise (SLRB), suivi d’un audit approfondi l’année dernière. En février, les conclusions de ce rapport avaient été transmises au parquet de Bruxelles. Une enquête judiciaire est désormais en cours, dans laquelle la Région bruxelloise s’est constituée partie civile.
Le document, particulièrement lourd, dénonce un « système d’attribution globalement défaillant » et une « implication active de membres du personnel dans la création de documents frauduleux ».
Les chiffres vertigineux compilés par les auditeurs mettent en lumière l’ampleur de la fraude, notamment lors des premières attributions aux nouveaux locataires.
Sur 181 dossiers examinés s’étalant sur une période de 18 ans, 94 cas de fraude avérée et 44 cas de fraude présumée ont été mis au jour. Vingt-quatre autres dossiers souffrent d’irrégularités majeures, souvent par manque de pièces justificatives. Au total, 86 % des dossiers analysés se révèlent problématiques.
« Il fait du Saint-Nicolas avant Saint-Nicolas » : Lotfi Mostefa, le « soldat » du PS au cœur de la tempête du Foyer anderlechtoisCinq pages sur 600
Ce mercredi après-midi, la secrétaire d’État bruxelloise au Logement, Karine Lalieux (PS), a indiqué avoir transmis une version partielle − à peine 5 pages − de cet audit au Parlement bruxellois. Pour des raisons légales et de secret de l’instruction, elle assure ne pas pouvoir communiquer la version intégrale, « notamment pour préserver l’enquête pénale et éviter aux suspects, notamment, de faire disparaître des preuves ».
Les liaisons dangereuses avec la commune
En coulisses, la gouvernance de l’AIS ravive les questions de l’imbrication politique locale. Pendant une décennie, et jusqu’en 2023, la structure a été présidée par Christian Boïketé, frère de l’actuel chef de file PS local (et ancien échevin du Logement) Philippe Boïketé, mais aussi ex-chef de cabinet du bourgmestre Emir Kir. Après sa démission, c’est le président du CPAS, Luc Frémal, qui avait repris les rênes.
Pour rappel, le gouvernement bruxellois a récemment lancé la procédure de mise sous tutelle coercitive de la commune.
Face à la tempête, le Collège des bourgmestre et échevins de Saint-Josse a rapidement réclamé une transparence totale sur la gestion de l’ancienne formule de l’AIS et se réserve le droit de se constituer, lui aussi, partie civile.
La cheffe du groupe MR, Loubna Azghoud, est montée au créneau pour exiger que la toute nouvelle commission d’enquête sur le Foyer anderlechtois élargisse ses prérogatives aux dysfonctionnements de Saint-Josse.
Une extension à laquelle la famille écologiste oppose une fin de non-recevoir, estimant que « mélanger les enjeux ne ferait qu’ajouter de la confusion là où les citoyens ont besoin de clarté ».