C’est une réunion historique. Plus de 400 ans après leur dispersion, les deux principaux ensembles de manuscrits du célèbre maître et inventeur italien de la Renaissance Léonard de Vinci (1452–1519) se retrouvent pour la première fois au sein d’une même plateforme numérique. Baptisée Leonardo Thek@, cette initiative du Museo Galileo de Florence, en partenariat avec la Biblioteca Leonardiana de Vinci, a nécessité dix ans de travail.

À partir d’une page d’accueil disponible en italien et en anglais, qui offre notamment un classement par thèmes, cette « Leonardothèque » regroupe environ 3 500 pages numériques en libre accès. L’internaute peut ainsi consulter au même endroit les 550 feuillets issus de la Royal Collection de Windsor, et les 1 200 du célèbre Codex Atlanticus, conservé à la Veneranda Biblioteca Ambrosiana de Milan.

Des textes et des dessins dispersés dans plusieurs collections

L’enjeu dépasse la simple consultation en ligne. À la mort de Léonard en 1519, ses papiers sont transmis à son élève Francesco Melzi. Ils passent ensuite entre les mains du sculpteur Pompeo Leoni qui, à la fin du XVIe siècle, démonte et découpe de nombreux feuillets afin de les réorganiser en plusieurs albums. Cette intervention est à l’origine de la séparation de nombreux dessins et textes, qui se sont retrouvés conservés dans des pays différents.

Léonard de Vinci, Carte de la Toscane méridionale C.  RCIN 912278r  (1)

Léonard de Vinci, Carte de la Toscane méridionale C. RCIN 912278r (1), vers 1503–1506

i

© Royal Collection Enterprises Ltd 2026 – Royal Collection Trust

Grâce à l’analyse croisée des collections, Leonardo Thek@ propose déjà 50 reconstitutions de pages dont les fragments étaient dispersés entre l’Italie et le Royaume-Uni depuis plus de quatre siècles. L’une d’elles réunit un dessin de cheval conservé dans le Codex Atlanticus et un texte correspondant aujourd’hui conservé à  Windsor, recréant ainsi leur présentation et leur contexte d’origine.

Un nouvel accès à la pensée de Léonard de Vinci

« On peut voir ses processus de pensée et la manière dont il utilisait ses feuilles de papier. »

Matthew Landrus

Pour les spécialistes, cette plateforme ouvre des perspectives inédites. En rapprochant notes scientifiques, recherches techniques, études anatomiques et réflexions artistiques, elle permet de suivre au plus près la pensée de Léonard et les liens qu’il établissait entre les disciplines. « On peut voir ses processus de pensée et la manière dont il utilisait ses feuilles de papier », souligne l’historien de l’art Matthew Landrus, spécialiste de Léonard à l’Université d’Oxford.

Financé pour moitié par les ministères italiens de la Culture et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le projet entend également défendre un modèle de diffusion numérique contrôlé par les institutions patrimoniales elles-mêmes, qui privilégie l’approfondissement scientifique à la simple accumulation de contenus, et le libre accès aux démarches commerciales. Une initiative humaniste qui aurait sans doute plu aux penseurs de la Renaissance !

À lire aussi :
Ce que vous ne saviez (peut-être) pas sur Léonard de Vinci

Plus d’informations sur le site du Museo Galileo