« Nous sommes partis dans l’hypothèse du pire scénario », explique le capitaine Benoît Filippi, porte-parole de la zone de secours Hainaut-Centre. « Nous craignions la présence d’une matière inflammable, explosive ou toxique. C’est pourquoi dans un premier temps, nous avons demandé la fermeture de l’autoroute dans les deux sens de circulation. »
Il s’est finalement avéré que la marchandise concernée présentait essentiellement un risque de pollution environnementale et ne représentait pas de danger immédiat pour la population. « Une fois cette information confirmée, nous avons pu rouvrir la circulation en direction de la France, puisqu’il n’y avait aucun impact de ce côté-là », précise le porte-parole. En direction de Bruxelles, les automobilistes ont été déviés vers l’aire de repos du Bois du Gard.
De l’huile hydraulique sur la chaussée
Si le risque chimique s’est révélé limité, les dégâts occasionnés à la chaussée compliquent les opérations. Deux des trois bandes de circulation sont actuellement entravées par les véhicules accidentés et par la perte d’une importante quantité d’huile hydraulique.
« C’est là que les difficultés commencent », souligne Benoît Filippi. « L’huile hydraulique dissout et attaque le revêtement routier. Nous sommes confrontés au même type de situation qu’à Manage il y a une quinzaine de jours. »
Les opérations de dépannage des camions étaient toujours en cours en fin de matinée. Une fois les véhicules évacués, les secours devront procéder à un nettoyage approfondi de la chaussée à l’aide d’absorbants, de balayeuses mécaniques et d’un nettoyage à haute pression avec de l’eau chaude.
Par la suite, le Service public de Wallonie (SPW), gestionnaire de l’autoroute, devra intervenir pour raboter environ cinq centimètres de la couche de roulement afin d’éliminer toute surface devenue glissante et éviter la poursuite de la dégradation du revêtement.
Quinze pompiers mobilisés
La zone de secours Hainaut-Centre a déployé d’importants moyens sur place. Une quinzaine d’hommes sont mobilisés avec une autopompe, un véhicule de commandement, un véhicule de signalisation pour la gestion du trafic, ainsi qu’un véhicule spécialisé dans les risques chimiques et la lutte contre la pollution.
Un chargeur articulé de type Manitou a également été engagé afin de faciliter les opérations de nettoyage et pour éventuellement assister les dépanneurs.
Concernant le bilan humain, une personne a été légèrement blessée. Côté matériel, les remorques de deux des trois camions ont subi d’importants dégâts à la suite de la collision. À ce stade, difficile d’estimer la durée des opérations mais une réouverture de l’axe ne devrait pas être possible avant la fin d’après-midi au plus tôt.