Le bourgmestre au rapport

Le bourgmestre l’a souligné : dès qu’il a eu connaissance des faits c’est-à-dire le lendemain de la diffusion du magazine, il a convoqué le comité de direction de La Sambrienne. En tant qu’actionnaire et via son pouvoir de police, la ville a la responsabilité et les leviers pour imposer des mesures de sécurisation et de salubrité. Chacune des sept situations d’insécurité et d’insalubrité soulevées dans le reportage (Mont-sur-Marchienne, Gosselies, Charleroi, Gilly, Jumet, Marchienne et Couillet) a ainsi été abordée sous l’angle des réponses apportées tantôt par le management, tantôt par la ville.

Une analyse approfondie de l’organisation et du suivi des plaintes a par ailleurs été présentée. En y mettant toutes les réserves, Thomas Dermine a identifié « les dysfonctionnements opérationnels ». Selon lui et d’après les éléments dont on dispose à ce stade, « ils se concentrent au sein de deux directions — la direction immobilière et la direction technique. »

Des manquements répétés

Le rapport de la Ville fait état de manquements répétés dans le suivi des plaintes, la communication, la priorisation des interventions, et le respect des normes de prévention incendie. Pour la Ville, la vision stratégique a fait défaut à la Sambrienne. Si le plan de rénovation a dû être reporté, il apparaît que les délais uniformes sont inadaptés pour une grande société soumise aux appels d’offres européens.

Près de 1200 logements sont inoccupés (taux d’occupation brut de 87 %), principalement à cause de la lenteur des travaux. Une vision stratégique est nécessaire pour augmenter ce taux, incluant la déconstruction-reconstruction.

La responsabilité de la Sambrienne est de fournir des logements en bon état et conformes aux obligations légales aux bénéficiaires, a rappelé Dermine. Une analyse de la gouvernance a enfin été effectuée : pour le bourgmestre, les membres du conseil d’administration ont manqué de proactivité dans l’exercice de leurs contrôles.

Thomas Dermine veut retirer des enseignements de cette crise : il pointe ainsi la nécessité d’améliorer la communication aux locataires, de renforcer le maillage social et associatif, de lutter contre ce qu’il appelle la dépersonnalisation de certains ensembles résidentiels publics.

Les étapes suivantes sont la transmission du rapport au gouvernement, afin qu’il puisse alimenter le travail d’audit. Et l’élaboration d’un plan stratégique pour les années à venir.

Quelles responsabilités politiques?

Pour le MR, Nicolas Tzanetatos a souligné que l’ancien président de la Sambrienne (NdlR : Maxime Felon) était désormais membre du collège. Qu’il fallait dès lors s’assurer du respect de la séparation des pouvoirs, et du respect de la poursuite de l’enquête pénale. Aucun élément confidentiel n’a été dévoilé.

Pour Denis Ducarme, « la responsabilité du PS est clairement engagée dans la perte des subsides. Le MR demandera la démission de l’actuel président Haci Kaya ce mardi en conseil d’administration. »

La cheffe de groupe PTB Pauline Boninsegna la souligné: « il était indispensable d’avoir un débat public sur la Sambrienne. Et de ne pas le mener à huis clos au sein de la société elle-même comme l’a demandé Ducarme. »

Pour le PS, la cheffe de groupe Isabella Greco a fustigé un MR qui réclame des têtes avant que les audits demandés par la ministre Neven n’aient apporté un début de réponses.