Au total, vendredi matin, une septantaine d’élèves sur les 194 que compte l’école du village présentaient des symptômes identiques : des crampes d’estomac et des vomissements. Et le bilan ne cessait de s’alourdir. « On est à environ 50 % des enfants », commentait le bourgmestre Philippe Vautard quelques heures plus tard. Fort heureusement, aucun d’entre eux n’a dû être hospitalisé. « Nous avons contacté les médecins généralistes de la région afin de savoir s’ils avaient constaté une recrudescence de ces symptômes, ailleurs dans la population », ajoute le mayeur.
Il semble cependant que le mal ne s’est pas répandu en dehors de l’école. « Nous avions préparé une communication à destination des habitants mais nous avons préféré ne pas la diffuser pour ne pas les alarmer inutilement », précise encore Philippe Vautard.
La pollution aux hydrocarbures privilégiée
Reste désormais à déterminer ce qui a provoqué cette vague de malaises. « L’hypothèse qui nous est venue immédiatement à l’esprit est celle d’une contamination touchant les enfants ayant consommé l’eau du robinet », indique la directrice.
La Société wallonne des eaux (SWDE) s’est rendue sur place afin de procéder à des prélèvements et de déterminer l’origine exacte de la contamination. Celle-ci pourrait résulter d’une pollution. C’est cette piste qui semblait privilégiée au moment d’écrire ces lignes.
« À ce stade, l’hypothèse privilégiée par les experts est celle d’un événement ponctuel et localisé, possiblement lié à une pollution des sols à proximité de l’établissement, indiquait la Commune dans un communiqué, vendredi en fin de journée. Plus précisément, des travaux récents d’excavation de terres potentiellement polluées sont actuellement examinés comme source possible de ces désagréments, notamment en raison de conditions météorologiques ayant pu favoriser un ruissellement vers les conduites. Cette hypothèse est encore en cours de vérification. » Les résultats des analyses devraient être connus ce samedi dans le courant de la journée.
Pas de lien
Dans le même temps, vendredi matin, les pompiers ont été appelés à nettoyer la chaussée de Charleroi, sous escorte policière, après qu’un véhicule a perdu du mazout. Les sapeurs de la zone NAGE insistent toutefois sur le fait qu’aucun lien n’a été établi entre les deux événements.
Vu la distance qui sépare cet axe routier de l’entité floreffoise, une éventuelle contamination n’aurait vraisemblablement pas été limitée à la seule école de Buzet. Tout aussi peu probable apparaît l’hypothèse d’un défaut de conception dans la plomberie de l’établissement, inauguré il y a à peine cinq ans. Une malfaçon aurait sans doute été détectée bien plus tôt. Les récentes intempéries constituent dès lors une piste davantage crédible.
Dans son communiqué transmis en fin de journée, la Commune a ajouté avoir pris des mesures de précaution. « Nous avons procédé à une purge complète des installations internes avant la reprise des activités, et ce afin de garantir un renouvellement optimal de l’eau dans les conduites. Au vu des éléments actuellement disponibles, la réouverture de l’école est envisagée dans des conditions normales. »
Si les cours ont été suspendus ce vendredi, une garderie a néanmoins été maintenue afin d’accueillir les enfants ne présentant aucun symptôme. La SWDE a fourni un important stock d’eau potable, tandis que des affiches déconseillant la consommation d’eau du robinet ont été placardées dans les sanitaires.